Catégorie : Ô Canada!

Mais que faire?

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À Montréal la saison des festivals à commencer, et comme chaque année on ne sait plus où donner de la tête! Entre la Main fermée (c’est le surnom de la rue St Laurent, qui coupe la ville en deux), le Festival Mode & Design qui vient de s’achever (avec la rue McGill Collège fermée), le Festival Fringe, les installations du Festival International de Jazz qui fête ses 30 ans (cette fois c’est tout le quartier des spectacles qui est fermé), les concerts de la St Jean (la fête Nationale du Québec) qui se préparent, l’Internationale des feux Loto-Québec, on peut dire que la ville vit à un rythme particulier, le rythme de l’été!
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Mais comme pendant cette période, c’est aussi le moment où l’on déménage (le 1er juillet étant la journée des déménagements au Québec), que le week-end prochain on part pour 3 jours dans un chalet des Laurentides avec une vingtaine d’amis (et d’inconnus), autant dire qu’on ne pourra pas être partout à la fois!

Du coup, il faut faire des choix, qui vont se traduire cette semaine par un 5@7 sur les terrasses Bonsecours, une journée fériée en milieu de semaine réservée à quelques cartons supplémentaires, un départ vendredi pour le chalet avec la bête, qui va être en société avec plein de gens et un autre chien pour la première fois! Au retour il sera temps de déménager et d’avoir enfin de l’espace puis de se lancer dans les festivals puisqu’à cette date ce sera Juste pour rire et peu de temps après les Francofolies.
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Vieux d’ici et d’ailleurs

chambly.jpg Fermez les yeux, quand à propos d’une ville, on vous dit “Vieux Longueuil” ou “Fort Chambly”, quelles images vous viennent en tête?

Pour ma part, dans le premier cas, j’imagine de petites rues pavés, entrecoupées de places historiques où les boutiques de souvenirs se mêlent aux restaurants « attrape-touristes ». Dans le second j’imagine une ville fortifiée, presque à l’image de Saint Malo, où les vestiges d’un fort des siècles passés sont encore présents, où l’on se balade à travers les murailles.

Sauf qu’on est au Québec, et plus généralement en Amérique du Nord. Le Vieux Longueuil n’a de vieux que le nom et ressemble plutôt à une petite rue commerçante de ville moyenne française. C’est sympathique mais pas vieux.
Si dans Chambly, il y a bien un fort, il est de petite taille, le long du bord de l’eau et les alentours ressemblent plutôt à une plage d’herbe sur laquelle on joue au volley, au foot (américain), au badminton et où l’on oublie carrément qu’il y a un monument historique juste à côté… La balade est agréable, surtout par beau temps, les maisons alentours incroyables mais les férus d’histoire seront forcément un peu déçus. Cela dit je compte bien y retourner pour visiter le fort quand il y aura un guide, vu que la visite ne coûte que 5,95$ si mes souvenirs sont bons.

Vivre en Amérique du Nord, c’est tiré un trait sur l’architecture ancestrale, les ruines des siècles passés et apprendre que « vieux » ici, quand il s’agit de monuments, ça équivaut plus au 19e siècle qu’au 12e! Le tout c’est de le savoir!

Pub d’ici et vocabulaire

Il y a des choses dans le langage québécois qui me choquent toujours un peu, c’est l’usage de certains mots qui font parti du vocabulaire « vulgaire » pour les français dans les pubs.

La première qui m’a fait tiltée, c’est la campagne d’IGA (un équivalent de Carrefour) qui parle de « bouffe ». Je sais bien que ce mot n’est pas vulgaire en tant que tel, mais ça fait quand même partie de ces mots pas très jolis qu’on n’utilise entre pote mais pas avec son patron par exemple. Ici, oui.
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Dans le même ordre d’idée, j’ai découvert cette semaine la campagne pour la BMO (une banque) qui utilise le mot « fric ». Là encore, pas de gros mot, juste un mot un peu trop courant pour être utilisé par une institution à mon goût…
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Ces petites choses que j’aime ici

mtl.jpg Les magasins ouverts tous les jours (même les jours fériés) et tard.

Les food-courts dans la plupart des tours du centre-ville ce qui permet de manger un jour indien, un jour libanais, un jour vietnamien, un jour « panini », un jour « salade », le tout sans avoir à sortir en hiver et sans avoir à dépenser beaucoup d’argent (7-8$).

Le monde dans les rues. Ce n’est pas que j’aime le monde car ça m’empêche d’avancer à mon rythme (soit vite) mais quel que soit le jour, quel que soit le temps, il y a toujours du monde dans les rues de Montréal. On n’a jamais l’impression d’être dans une ville morte.

Les barbecues ! Les gens n’ont pas plus de maison en centre-ville que dans les grandes villes françaises et pourtant tout le monde ou presque a son barbecue ! Les balcons sont souvent assez grands pour accueillir un barbecue et/ou une petite table. Le bonheur !

Les cookies de Felix & Norton, les meilleurs du monde.

Les daïquiris fraise de Carlos & Pepes, de la terrasse Magnetic, du Newtown, des 3 amigos et de tout un tas d’autres endroits encore !

Le cinéma à 4.95$ le mardi.

Les parcs présents un peu partout qui permettent de manger dans l’herbe quand on travaille au centre-ville et de faire de longues balades le week-end.

La piste cyclable du canal Lachine, qui a beau être chargée en fin de semaine, ça reste un super balade si on va jusqu’à la pointe et qu’on revient par Jean Drapeau.

La mousse de foie de pintade aux pistaches de la charcuterie du marché Atwater qui est juste à tomber.

Where is Brian?

english.jpg Travailler en anglais et vivre en français, c’est agréable. Jusqu’à un certain point! Ce point qui fait que tout à coup votre cerveau ne sait plus où il en est et confond les langues, les tournures ou alors tout simplement refuse de fonctionner plus longtemps!

C’est ainsi, par exemple, qu’au beau milieu d’une conversation avec une collègue anglophone, je n’étais plus capable de trouver le mot que je cherchais, ni en anglais ni en français! Un vide gigantesque avait pris place dans mon esprit et je n’étais même plus capable de savoir reformuler ce que je cherchais (en l’occurrence un kyste aux ovaires!). Il m’a fallu quelques secondes pour que tout se relance et que je puisse le prononcer en français mais j’ai vécu des instants de panique face à ce vide.

Pourtant je rêve de ce même vide chaque soir en tentant de m’endormir alors que mes pensées se formulent en anglais puis en français et ainsi de suite. C’est tout sauf reposant, surtout quand on ne maîtrise pas parfaitement une des deux langues.

L’avantage c’est que mon anglais se perfectionne un peu plus chaque jour et que les blagues, sarcasmes ou bons mots sortent de plus en plus naturellement au travail, enfin tout dépend de qui est en face. Devant mon boss, je bafouille, mêle mes mots alors que devant des collègues avec qui je plaisante facilement, tout est naturel. C’est bien sûr un peu frustrant mais je sais qu’avec le temps je vais être plus à l’aise avec mon patron aussi (enfin j’espère).

Maintenant je comprends les québécois qui « switchent » d’une langue à l’autre selon leur interlocuteur et selon la phrase, c’est fou comme rapidement certains mots s’imposent plus facilement dans une langue, même pour moi!

Tulipe et pôle Nord

tulipe.jpg Alors que les jours fériés s’enchainent en France au mois de mai, nous n’avons eu le droit qu’à un pauvre « jour des patriotes » aussi appelé « fête de la Reine » au Canada ce mois-ci et ça tombait ce lundi.

Pour ce long week-end de trois jours, nous avions prévu de retourner à Ottawa à l’occasion du Festival de la Tulipe lors d’une journée de beau temps. Samedi, c’était raté il a plu à plein temps, ce qui nous a permis de nous lancer à fond dans la saison 7 de 24, c’est donc dimanche que nous avons prévu notre excursion.

On a pris soin le matin de vérifier la météo qui indiquait, malgré le vent et les passages nuageux, 14 degrés… En vérité, on a fait un remake de Boston, on s’est caillé les miches une bonne partie de la journée!
D’autant que le Festival de la Tulipe, bah c’est un peu plate et qu’Ottawa (ville de fonctionnaire par excellence) est légèrement morte le dimanche… Enfin bon, on a bien marché malgré tout (faut dire que les tulipes étaient à l’autre bout de la ville par rapport à notre point de départ!) et on est rentré à temps pour un petit barbecue, de quoi bien finir la journée!

Lundi, alors qu’il faisait un peu plus chaud et surtout plus ensoleillé, on en a profité pour aller à pied sur la rue St Laurent voir les magasins de meubles. Bien sûr ce sont ceux qui nous intéressaient le plus qui étaient fermés mais ce n’est pas grave, on y retournera une autre fois… Comme par chaque journée de beau temps, les rues de Montréal étaient remplies, chacun avec sa tasse de café glacé à la main (sauf moi bien sûr, hein).
Rien qu’à l’idée qu’on soit mardi et que la semaine ne dure que 4 jours, j’ai déjà le sourire aux lèvres, ça fait du bien! Enfin ce n’est pas aux français que je vais apprendre ça alors que le mois de mai compte 3 jours fériés, sans parler des ponts!

Maudits français!

CIMG2309.jpg J’avais déjà mentionné cette expression que des québécoises emploient pour parler de « nous » ici, avec plus ou moins d’humour selon à qui ils font référence, mais ce que je ne vous ai pas dit c’est qu’à mon avis, le défaut majeur de Montréal, c’est la multiplication de ces dits français.

Choisir de s’expatrier, c’est choisir de quitter ses compatriotes (entre autres) mais si c’est pour venir à Montréal, alors oubliez ça, on sera bientôt en plus grand nombre que les québécois! Pas moyen de ne pas entendre un accent français tous les 10 mètres dans la rue ou d’avoir des voisins français au restaurant, c’est bien simple ils sont on est partout!

Il y a ceux qui sont là pour de bon, RP en poche et qui critiquent la France aussi facilement que le Canada et il y a les extrémistes qui ne critiquent (au choix) que la France ou que le Canada! Ceux qui trouvent que tout est mieux ici (normal ils sont là depuis 3 semaines) ou ceux qui trouvent que tout était mieux là-bas (pourquoi ne pas y retourner?) ont la même faculté à m’énerver!
Surtout quand leurs critiques reposent sur des choses très subjectives telles «on mange mal ici»! Faudrait peut-être voir à changer vos habitudes alors, car moi je peux vous faire la liste de mes menus, tout comme la liste des restos que j’ai visités et non je ne trouve pas qu’on mange plus mal ici qu’en France!
Après c’est sûr que si le but est de manger vite et pas cher alors forcément vu le nombre de fast-foods à portée de main, vous mangerez « mal ». Mais si vous prenez le temps de cuisiner ou de trouver des adresses de restos sympathiques alors vous mangerez bien! C’est ici que j’ai fait mon premier risotto aux asperges ou mon premier soufflé aux carottes par exemple…

Cependant, les français qui ne font que critiquer la France ne sont pas mieux! Oui, il y a toujours des manifestations, des grèves et non on ne peut pas y faire bouger grand chose sans que ce soit le tollé mais enfin quoi, devoir attendre 2 ans pour aller chez un dentiste afin d’être assuré ou avoir des routes qui ressemblent à du gruyère, ça ne me semble pas être tout rose non plus…

Il était déjà difficile de se sentir dépaysé en vivant «juste» au Canada mais alors avec la multiplication des français qui s’expatrient ici, ça ne s’arrange pas! Pourquoi ne vont-ils pas tous parfaire leur anglais en Colombie-Britannique ou en Ontario, au lieu de venir m’embêter MOI à Montréal?! Hein pourquoi??

On ne dit pas #4

4. L’alimentation
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On ne dit pas petit-déjeuner mais déjeuner.

On ne dit pas déjeuner mais dîner.

On ne dit pas dîner mais souper.

On ne dit pas une baguette mais du pain croûté.

On ne dit pas du pain de mie mais du pain.

On ne dit pas des toasts mais des rôties.

On ne dit pas des chips mais des croustilles.

On ne dit pas une sucette mais un suçon.

On ne dit pas un chewing-gum mais une gomme.

On ne dit pas un grille pain mais un toaster.

On ne dit pas une boisson gazeuse mais de la liqueur.

On ne dit pas des jus de fruit mais des breuvages.

On ne dit pas du maïs mais du blé d’Inde.

On ne dit pas de la pâte à tartiner mais de la tartinade.

On ne dit pas des myrtilles mais des bleuets.

On ne dit pas des œufs au plat mais des œufs miroirs.

On ne dit pas un sandwich mais un sous-marin.

On ne dit pas pop corn mais du maïs éclaté.

On ne dit pas des pancakes mais des crêpes.

On ne dit pas du pain perdu mais du pain doré.

On ne dit pas cookies mais biscuits.

Déjà

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« C’est les yeux plein de larmes que j’écris… Les derniers jours avant le départ sont les pires. Évidemment il y a les valises à préparer, les dernières démarches administratives à faire, mais surtout il y a les au-revoir qui deviennent de plus en plus fréquents et tristes. Je voudrais déjà être partie, je sais qu’une fois sur place, chacun reprendra ses habitudes, qu’à force de mails et de coup de téléphone, la distance ne paraîtra pas si grande, mais en attendant, chaque séparation est un déchirement. C’est vraiment pas simple de dire au-revoir, de dire prend soin de toi sans savoir de quoi demain sera fait et en étant la personne qui contraint tout le monde à cette situation. »

J’ai commencé ce billet il y a un an (mais celui publié était différent) alors que je quittais ma famille et la France pour venir vivre au Canada. Je prenais l’avion à Lyon, les yeux humides d’avoir dit au revoir à tout le monde et arrivais quelques heures plus tard à Montréal. Après les formalités d’usage et le trajet en taxi j’arrivais vers 21h chez les potes qui allaient m’héberger. Seuls mon futur chum et son chien étaient là et comme on se connaissait de l’année d’avant, les retrouvailles étaient sympathiques.

Depuis un an je suis Résidente Permanente et si j’ajoute mes précédents visas, je pourrais demander la citoyenneté canadienne dans un an et demi et ainsi avoir la double-nationalité!
Pour l’instant il n’est pas question de rentrer en France mais plutôt de construire une vie ici, d’acheter, le tout à deux…

Si je devais faire un bilan de cette année, je dirais qu’elle a beau être passée très vite, j’ai l’impression que mon retour à Montréal date d’il y a beaucoup plus longtemps que ça, comme si je ne l’avais jamais quitté en juin 2007.

Professionnellement, j’ai commencé par faire du freelance pour une maison d’édition mais devant les difficultés à percer dans ce secteur, j’ai laissé tomber depuis janvier. Je préfère maintenant avoir un emploi stable dans un environnement tout autre, avec des collègues agréables et des perspectives d’évolution plutôt que de rêver encore et toujours à un job inaccessible.

Sur un plan personnel, le bilan est différent puisque depuis le mois de juin dernier, je suis avec Chéri et que depuis le mois de décembre (presque) on vit ensemble… battant ainsi tous mes records de longévité. Faut dire que la vie est plutôt facile avec lui et que tout semble évident (presque toujours). On verra bien ce que l’avenir nous réserve mais pour l’instant ça s’annonce plutôt positif.

S’il doit y avoir un point négatif à la vie à Montréal, c’est bien sûr la difficulté à trouver des Princes et des yaourts, ou plus sérieusement à vivre loin de la famille. Ils me manquent souvent, parfois beaucoup, mais pour autant ma vie en France ne me manque pas. J’aimerais juste avoir assez d’argent pour pouvoir m’offrir parfois un week-end prolongé en France mais pour cela, il va falloir patienter encore un peu!

En attendant, vous êtes les bienvenues au Canada si vous voulez comprendre pourquoi j’aime autant être ici!

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Caribbean. Dominican Republic. Samana Peninsula. Las Terrenas. Chaque année c’est la même chose quand on sent le printemps arrivé, du jour au lendemain la ville change de visage. On quitte les températures négatives, la neige se transforme en slush (bouillasse marron, détritus qui apparaissent) mais surtout les gens se dévêtissent! Dimanche alors qu’il faisait 10° et que le soleil brillait, outre les poussettes et vélos, la chaire était de sortie!
Doudoune, bonnet, gants, écharpe ont vite été remisés pour faire place à des tenues plus légères.
L’effervescence estivale pouvait presque se faire sentir alors qu’on est seulement en mars et qu’il faudra encore sûrement de longues semaines avant que les arbres refleurissent.

On sait tous qu’il peut y avoir des tempêtes de neige jusqu’à la fin du mois d’avril mais dès les premières chaleurs (car 10° c’est vraiment chaud pour nous), la ville retrouve une énergie particulière, celle-là même qui fait que les étés ici sont comme nul part ailleurs… J’ai hâte!