Catégorie : Ô Canada!

Tics (sans Tac)

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Depuis que je suis au Québec je n’ai pas pris l’accent qui amuse tant les français (de France) mais par contre j’ai pris un certain nombre de tics langagiers, dont le plus fameux et fumeux consiste à mettre des « là » partout, voire de les doubler ou de les coller à un « bah »… Ce qui donne des « bah là là » quand je suis au sommet de ma forme!

Mais je me rends compte que j’ai aussi de nombreux autres tics dont les expressions suivantes: On s’entend que, R’garde, Franchement! et Comme. Je mets ces trois expressions partout où c’est possible de les mettre en ce moment, et croyez-moi elles s’adaptent à toutes sortes de propos!

Je me souviens d’une période au collège où ma mère se moquait de moi car je finissais toutes mes phrases par des « J’rigole » ridicules. Maintenant j’utilise d’autres expressions mais leur répétition rend l’effet tout aussi grotesque!
Le pire c’est que lorsque je m’en rends compte, je dis tout fort « Il faut que j’arrête de mettre des là/comme… partout », ce qui ajoute un peu plus à mon embarras car mon interlocuteur ne s’en était pas forcément rendu compte jusque là! Bah là franchement!

Le débat, le retour

charest.jpg Il y a quelques jours, Jean Charest, Premier Ministre du Québec, en visite à Lyon a profité des Entretiens Jacques Cartier pour faire une réflexion comme quoi les français « glissent trop facilement vers les anglicismes ». C’est vrai, nous en exploitons un certain nombre.
Mais vaut-il mieux un français avec quelques anglicismes qu’un français plein de fautes ou remanié au bon vouloir de quelques penseurs?

Chaque jour, je vois passer des courriels grouillants de fautes, non pas juste d’orthographe mais de syntaxe, des choses qui ne sont tout bonnement pas françaises. Et encore, je ne vous parle pas ce qui passe par mes oreilles (il est parti chez eux, par exemple)!

Et si l’on emploie effectivement de nombreux mots issus de nos voisins britanniques, ils sont dans le dictionnaire depuis plusieurs décennies, donc en tant que tel assimilé au français.
Week-end, shopping et parking sont les plus connus mais les québécois checkent leurs courriels, le bumper de leur voiture, utilisent des sleeping bags, des blenders, impriment en batch, partent en burn out, cancellent une réunion, pluggent une prise, mangent des egg rolls, prennent un drink, flushent la chasse d’eau, se sentent insécure ou encore font des jokes.

Nous donner des leçons de français me semble un peu exagéré, surtout quelques semaines après que le Ministère de l’Éducation ait décidé qu’il est juste d’écrire « ognon » ou « bruler » par exemple. Ah bon?
On peut donc simplifier le français pour faire en sorte que les québécois l’écrivent correctement plutôt que de leur enseigner correctement? Quelque chose m’échappe, j’en suis sûre.

My first shower

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Au Canada, on est très tradition et fête, c’est ainsi qu’à peine Halloween passé, les décos de Noël ont envahi toutes les rues, magasins et maisons. Mais à l’intérieur de chaque foyer on se prête aussi à toutes sortes de célébrations, dont celle du « shower » que vous avez peut-être aperçu dans les films américains.

Quand une femme enceinte est près de son terme, une amie proche (ou plusieurs) lui organise une fête pour célébrer la venue du bébé, une sorte d’enterrement de vie de jeune fille mais pour futur maman et sans alcool! Après mon premier mariage québécois récemment, je suis donc allé à mon premier shower le week-end dernier, celui d’une amie française en l’occurrence.

Le thème de la journée était la plage et nous avons donc été prié d’apporter quelques accessoires en conséquence, paréo et lunettes de soleil pour ma part. Chaque invité avait apporté quelque chose à manger et/ou à boire, ce qui a été l’occasion de découvrir la nourriture mauricienne (le futur papa venant de cette région). Nous étions donc une grosse dizaine dont une toute jeune maman (son fils a deux semaines) et une maman d’une petite de 2 mois!

Nous avons passé l’après-midi à papoter, entrecoupée de l’ouverture de cadeaux (utiles), puis de quelques jeux/activités dont un qui consistait à peindre un body comme on le souhaitait. Mon imagination étant très peu fertile en matière d’art, la future maman a eu la gentillesse de me donner pour modèle un chat ours qui était essentiellement constitué d’un rond, donc de mon niveau (photo à venir).

Au final, la journée était très sympathique et a même impliqué bien malgré nous quelques charmants pompiers mais ça, c’est une autre histoire!

Ma vie chez les Inuits #5

isolant1.jpg# 5: à vos isolants!

Bien que j’entame mon 4e hiver au Canada, c’est seulement cette année que je vais vivre deux hivers consécutifs! S’il y a bien une chose que j’ai retenue des années précédentes c’est qu’il était de bon ton d’avoir une bonne isolation si vous voulez éviter les factures de chauffage mirobolantes pendant ces quelques mois froids!

L’année dernière, avec Chéri, nous avions eu la mauvaise surprise d’une facture Hydro-Québec (l’équivalent d’EDF) salée parce qu’en habitant au rez-de-chaussée nous chauffions la cave pour que la tuyauterie ne gèle pas. Sauf qu’il n’y avait pas de thermostat et qu’en gros c’était réglé sur le chauffage de notre appartement! Du coup, cette année on a pris les devants et on s’est lancé dans une activité purement canadienne: isoler ses fenêtres avec du film plastique!
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Pour 15$, on s’est procuré le kit complet: un rouleau de film et du ruban adhésif double face mais malheureusement ça ne venait pas avec la main d’œuvre!
C’est donc Chéri qui s’y est collé avec sa formidable assistante (votre dévoué) même si je prenais des photos plus qu’autre chose! La première fenêtre a bien sûr connu son lot de galères et a un joli rajout mais les autres sont plutôt nickels, on voit à peine le film! Enfin, on ne le verrait pas si on avait coupé le tour mais on était tellement tanné qu’on s’est arrêté là!

Effet secondaire

english.jpg Alors que travailler en milieu anglophone était quelque chose qui me faisait peur avant et même après mon embauche à mon poste actuel, je dois dire que maintenant c’est plutôt jouissif!

Il y a toujours quelques moments où je ne comprends pas 100% de ce que mon interlocuteur me dit mais la plupart du temps je suis capable de mener une conversation sans problème.

Alors que beaucoup de français n’osent pas se lancer et parler anglais quand ils n’ont pas le choix, j’ai dépassé cette barrière il y a longtemps, peut-être au moment où je me suis rendue compte, à Vancouver, que mon niveau d’anglais n’était pas si mauvais. Il faut dire que les séries télé en VO aident beaucoup!

L’effet secondaire à cette nouvelle confiance en mes talents de bilingue, c’est qu’au beau milieu d’une journée de travail, si quelqu’un me dit « Salut Delphine », il m’arrive sans réfléchir de répondre de mon plus beau « Hi how are you »!
De même en allant essayer des chaussures sur mon heure de lunch, j’ai spontanément parlé à la vendeuse en anglais alors qu’elle n’avait rien demandé à personne! C’est le monde à l’envers!

GRRR

chirac-quebec.jpg Les injures au Québec sont bien différentes de celles qu’on peut entendre en France car la majorité sont liées à la religion. La religion était un élément très important de la vie des québécois jusqu’aux années 60 où avec la Révolution tranquille un grand virage s’est amorcé et son rejet a été aussi rapide que brutal.

Les injures sont cependant toujours liées à cette aspect de l’histoire québécoise et si entendre un tonitruant « Tabernacle! » ou « Ostie! » nous fait sourire car pour nous ce sont des mots quelconque, ici, ils sont véritablement vulgaires!
C’est d’ailleurs pour ça qu’on les transforme parfois pour les atténuer, comme on dirait « Purée » en France plutôt que « Putain ». Ici on peut donc entendre des « Taberouette », « Coline » pour « Calice » ou encore « Sac à patate » à la place de « Sacrifice » ou « Sacrement »!

On est bien loin des Fu*k you et autre as*hole américain mais de la même manière on peut les conjuguer: « Crisse ton camp » (dérivé de Christ pour dire dégage), « je m’en calice » (je m’en fous), etc. Tout un monde imagé pour nous, français!

Image tiré de Wikipedia, elle-même prise du Canard Enchaîné.

Thousand islands

Après avoir longuement hésité en Magog et les Mille-îles, c’est cette dernière destination qui l’a emporté pour notre long week-end de la fête du travail.

Comme leur nom ne l’indique pas, les 1000 îles sont en fait au nombre de 1865 car à partir de 2,5m2 et 2 arbres, un caillou peut avoir le nom d’île. Situé près de Gananoque et Kingston, ce paysage naturel est assez impressionnant de beauté. Petites ou grandes îles, toutes ou presque comptent des habitations, souvent somptueuses. Certaines ont même un destin exceptionnel comme l’île Boldt sur laquelle un mari entreprit de construire un château de 120 pièces pour sa bien aimée mais la malheureuse mourut avant la fin des travaux et le château fut abandonné 73 ans avant d’être fini et restauré par la direction du pont des Mille-Îles…

À travers une croisière de 2h30, nous avons pu apercevoir toutes ces splendeurs mais dès le bord de la route, si l’on ne prend par l’autoroute, on peut découvrir les îles les plus proches du rivage.
Nous avons passé le reste du week-end à nous balader en front de mer ou dans les deux petites villes mentionnées plus haut, c’était vraiment super. Sans compter le bed & breakfast charmant dans lequel nous avons logé samedi soir, au bord d’un étang…
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Ces petites différences

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Ici les oreillers n’ont pas la même forme qu’en France. Ils ne sont pas carré mais rectangulaires.

Les feux de circulation sont disposées après l’intersection. Si vous vous arrêtez à leur hauteur comme en France, vous êtes donc en plein milieu de la rue.

Tous les prix sont hors taxes (et hors service/pourboire au restaurant) ce qui fait qu’il faut toujours prévoir 15% de plus à la caisse environ.

Les housses de couette n’ont pas de rabats mais les couettes sont assez grandes pour dépasser du fond du lit.

Il y a des coupures de pub toutes les 10 à 15 minutes à la télévision, ce qui fait qu’une série de 40 minutes durent 1h et un film d’1h40, 2 heures!

La télévision est toujours à l’heure exacte. Une série qui commence à 20h, commence pile à cette heure-là et se terminera pile pour la page de pub avant la série suivante de 21h.

Tout le monde a un bac de recyclage (vert) qu’on sort une fois par semaine, comme les poubelles. Sauf que le bac n’a pas de couvercle donc dès qu’il y a du vent, les emballages et détritus se dispersent!

Les supermarchés ne vendent pas beaucoup d’alcool, notamment de vin. Pour avoir un vrai choix, il faut aller à la SAQ (Société des Alcools Québécois).

Les québécois sont un peu comme les US, ils sont fiers de leur pays/province et arpentent souvent un drapeau du Québec à leur balcon ou leur voiture.

Pour en revenir et finir par le vin, certains restaurants sont des « Apportez votre vin » car ils n’ont pas la licence pour en vendre mais on peut en consommer! Du coup, on se pointe au resto avec notre (ou nos) bouteille(s), comme à la maison!

Mais où partir?

geluck_vacances.jpg Comme je l’indiquais dans mon Post-it ces derniers jours, on cherche une destination où partir pour le week-end de la fête du travail, vu que le lundi (7 septembre) est férié…
Sachant qu’on va à New-York en octobre et que Chéri revient de Boston et Toronto avec sa famille, les destinations de « grandes villes intéressantes » se font rares… Bien sûr il y a toujours Québec et Ottawa mais on commence à les connaître par cœur!

Du coup, nous allons sans doute opter pour une petite ville voire même la pleine nature, en priant pour qu’il fasse beau! On nous a parlé de Magog dans les Cantons de l’Est ou alors de l’autre côté de la frontière US: Burlington.
Si l’on choisit une de ces destinations, il faudra trouver un hôtel ou un gite sympa mais ceux que je trouve sur Internet ne m’interpellent pas plus que ça…
L’autre solution serait de partir dans un hôtel-spa et de passer deux jours en une sorte de massothérapie mais je ne sais pas si l’ambiance me plairait…

Si vous avez des idées, des adresses, des coins à ne pas manquer, n’hésitez pas, nous sommes ouverts à tout!

Les retours

piscine.jpg Pour la première fois depuis que je connais Montréal, je me suis demandée, dans l’avion qui me ramenait mardi, pourquoi je restais là-bas, loin de toute ma famille, loin de tout ceux que j’aime…

Ces quelques jours passés en famille ont été vraiment géniaux et il a été d’autant plus dur de quitter tout le monde en disant « À dans un an ou un an et demi ou deux ans… ».
Chaque année je rate les anniversaires des uns et des autres, les rassemblements qui voient les éclats de rire, les souvenirs se multiplier, alors que moi, seule, je continue mon petit bonhomme de chemin à Montréal. Si la ville et la vie ici me plaise, il y a tout de même des concessions qui sont parfois pesantes à faire.

Aujourd’hui on est deux, on est dans l’ensemble très bien au Québec mais un jour, sûrement, la question de rentrer se posera certainement, notamment le jour où on aura des enfants. Car il doit tout de même être difficile d’élever un enfant loin de ses grands-parents, oncles et tantes, cousins, cousines, surtout lorsque soi-même on a grandi avec tout ça.

Enfin la question ne se pose pas aujourd’hui mais il est étonnant de voir que pour la première fois depuis 7 ans le charme de Montréal me paraissait s’évanouir… au moins quelques jours.