Catégorie : Vie de parents

7 ans, presque l’âge de raison

Il y a quelques jours, ma petite chouette fêtait ses 7 ans. Elle avait bien hâte même si elle a eu du mal à renoncer à sa fête d’anniversaire avec ses copines, à cause de la fameuse règle des « 28 jours » qui vient imposer une nouvelle forme de confinement sans le nommer comme tel…

Qu’à cela ne tienne, on verra dans quelques semaines ce que l’on peut faire.

En attendant, ma petite dernière qui reste définitivement mon bébé avec sa voix encore enfantine grandit, grandit, grandit. À l’école, on attaque les choses sérieuses avec l’étape importante de la lecture. Ce qui me fascine, ce n’est pas tant la rapidité de la maîtrise des premier mots mais surtout l’entrain qu’elle met chaque jour à étudier!

Non seulement, elle fait ses devoirs et leçons de bon cœur, sans jamais râler, mais limite elle en redemande! Et s’il y a quelque chose qu’elle ne sait pas, elle m’arrête pour ne pas que je lui souffle un indice et elle se concentre pour trouver la réponse! Disons qu’après ce qu’on a connu (et connaît toujours) avec sa sœur, ça… facilite les choses.

À l’école, elle a plein d’ami(e)s, dans la ruelle, elle joue avec les copines de sa sœur en permanence, même si parfois être la plus petite n’est pas évident. Mais elle se débrouille et finit toujours par trouver sa place.

C’est aussi une fine négociatrice qui a bien compris qu’elle obtenait plus facilement ce qu’elle voulait par le charme que par les coups d’éclat (là aussi, on voit bien la différence avec son aînée). C’est alors à nous de faire attention à ne pas trop céder non plus car on ne voudrait pas créer d’injustice, même si c’est toujours tentant de lui faire plaisir. Elle sait s’y prendre cette petite demoiselle! 🙂

Pour l’instant, elle aimerait être institutrice, mais surtout de maternelle ou première année car ce qu’elle aime, c’est lire un livre devant le groupe et tourner les pages…. Elle aime aussi parfois « l’animalerie » alors je dois clarifier la différence entre vétérinaire, vraie animalerie et le travail de refuge qu’elle voit via notre engagement comme famille d’accueil. Cela dit, elle pourrait aussi être pâtissière car elle aime beaucoup cuisiner des gâteaux avec moi. Par contre, il ne faut toujours pas compter sur elle pour manger des légumes, à part quelques rares exceptions ou en soupe…

Je ne sais pas si 7 ans sera l’âge de raison mais j’ai hâte de le découvrir avec elle.

9 ans de toi

Il y a 9 ans, on était encore à l’hôpital. Tu n’avais pas 24h de vie et déjà on était fou d’amour pour toi. J’avais tellement peur qu’il t’arrive quelque chose, minuscule et fragile que tu paraissais. Mais en fait, tu étais déjà forte.

Tu es notre insaisissable. Si patiente, si tolérante, si attentionnée pour ta petite sœur (qui en abuse parfois), si réservée quand il y a un peu trop de monde et pourtant en constante opposition avec nous. Mais là encore, d’une drôle de manière. Tu es à la fois celle qui met le plus souvent la table et pourtant celle qui va répondre non à chaque demande, quelle que soit la formulation. Là où ta sœur se fait douce voire mielleuse pour obtenir ce qu’elle veut (et ça marche souvent), toi tu préfères le conflit. Ou peut-être que tu ne sais juste pas comment faire autrement.

Depuis l’an passé, on sait que tu as des difficultés d’attention notamment alors on essaie de se réinventer pour te comprendre et pour s’adapter à ton fonctionnement. Souvent, on oublie parce que le quotidien nous rattrape… Mais je te promets d’essayer plus fort.

Cette année, tu t’es défait de certaines peurs. Tu m’as encore dit ce matin que maintenant quand tu entendais une sirène, tu n’étais plus portée à faire demi-tour pour éviter à tout prix les véhicules d’urgence. Tu as aussi appris à vivre avec un chien. On te l’a un peu imposé mais tu adores Oreo et tu es celle à qui il a le plus manqué pendant nos 2 semaines de vacances.

Pendant l’été tu as aussi bravé ta timidité pour créer une amitié avec une petite voisine que tu connaissais à peine. Tu as littéralement crié son nom à la porte de sa cour pour qu’elle vienne à ta rencontre la première fois et maintenant vous rentrez ensemble de l’école tous les après-midis et vous jouez des heures durant dans la ruelle. Tout ça parce que tu as osé prendre un risque.

S’il y a un domaine où prendre un risque ne te fait pas peur, c’est bien au niveau de la nourriture! Tu es curieuse de tout, tu goûtes avec plaisir, même les choses un peu moins ragoutantes comme les huîtres par exemple. Ça veut dire qu’aller au restaurant avec toi commence à coûter cher car tu préfères un bon tartare (de bœuf ou de saumon) qu’un menu pour enfant! Mais honnêtement, ça fait quand même notre affaire car c’est un plaisir de découvrir de nouvelles saveurs avec toi. (Par contre, tu es aussi la dernière à sortir de table car tu manges leeeeeentement en plus de beaucoup!).

Je ne sais pas si c’est le rythme apaisé de notre routine familiale avec papa et maman qui travaillent de la maison (merci Covid) ou juste la nouvelle année mais je te sens plus épanouie à l’école. Non pas que tu es hâte d’y aller tous les matins, surtout que tu n’aimes pas vraiment ton professeur, mais les relations amicales semblent plus faciles, avec beaucoup moins de conflits que l’an passé. On espère que ça va durer et que tu vas avoir encore plein de jolies histoires d’amitié à nous raconter.

Quand je regarde les dernières photos prises cet été, je te trouve tellement belle! Tes cheveux blonds ont des mèches de plusieurs couleurs qui feraient pâlir bien des coiffeurs. Tu as un sourire éclatant car s’il y a bien une chose qui est naturelle chez toi, c’est le sourire! Comme quoi, on peut cacher un caractère bien trempé derrière un visage d’ange.

Mais tu sais quoi, on t’aime comme ça et on a hâte de voir ce que cette dernière année avant le cap des 10 ans nous réserve pour toi.

PS: tu adores les bébés et tu rêverais de faire du baby-setting. On verra si cette envie sera encore présente dans quelques années.

Faire face à la mort quand on a des enfants

Dans ma vie, je n’ai eu que 3 fois à faire face à la mort (autre que d’un animal de compagnie).

La première fois, c’était pour ma grand-mère, décédée subitement à 79 ans l’année de mes 21 ans. Le chagrin était immense et même si la mort d’un aîné fait partie de la vie, je me souviens en avoir voulu aux inconnus dans la rue qui continuaient leur vie sans se douter de ce que je vivais.

Quelques années plus tard, c’est mon supérieur au travail qui est décédé dans un accident de ski. C’était quelqu’un que j’appréciais beaucoup, qui avait remis sa vie à l’endroit après des années plus sombres et qui m’avait beaucoup encouragé dans mon emploi. Sa perte a créé une onde de choc mais comme je ne le connaissais pas dans la vie privée, ça a été plus « facile » à gérer.

La mort d’un enfant

Et puis cette dernière fois, il y a juste quelques semaines où la mort a frappé à nos portes au détour d’un message Facebook qui vous met dans la face que le pire des faits divers qui pouvait se passer concerne quelqu’un que vous connaissez. Deux enfants, pour être exacte, qui ont été tués par leur père, laissant leur mère et tous les gens qui les connaissait dans un deuil épouvantable.

La petite fille était dans la classe de Mia l’an passé, c’était même sa première amie à l’école et avec leur 2 autres copines, elles ont formé un petit groupe très soudée toute l’année. Cette famille a déménagé dans un autre quartier mais on était resté en contact. Mia était allée jouer chez eux quelques jours avant le drame et la petite fille devait venir à son anniversaire quelques jours après.

Le dire aux enfants ou pas?

Alors on s’est demandé s’il était judicieux de dire aux filles ce qui s’était passé. J’étais personnellement prête à leur mentir plutôt qu’à leur faire vivre cette peine. Parce que comme adulte, c’était (c’est) extrêmement difficile à surmonter alors je n’imaginais pas pour un enfant.

Mais ce genre de nouvelles circulent et dès le lendemain, l’école m’appelait pour me dire qu’une petite fille l’avait dit à notre 6 ans. Alors voilà, on n’avait plus le choix. On est allé chercher les filles plus tôt, le cœur très lourd, mais on a trouvé deux petites filles joyeuses. Quand on a abordé le sujet, notre cadette nous a dit: « C’est rien, K. a dit que E. est au ciel. Elle voyage! » C’est là qu’on a compris que tout était confus dans son esprit et qu’il valait mieux lui dire les choses comme elles étaient.

Utiliser les mots justes

Sur les conseils d’une amie psychologue dans une commission scolaire, nous avons choisi d’utiliser les vrais mots mais de ne pas rentrer dans les détails, d’être surtout à l’écoute de leurs questionnements. On a choisi de dire que le papa était très malade dans sa tête, qu’il aurait dû aller chercher de l’aide auprès d’un médecin mais qu’il ne l’a pas fait. Évidemment, je ne connais pas tous les détails mais c’est cette version que nous avons choisi d’expliquer. Expliquer aussi que quelque chose comme ça est excessivement rare et n’aurait pas dû arriver à leurs amis.

Elles ont eu beaucoup de peine ce soir-là mais l’ont géré différemment. Très vite la plus jeune avait plein de questions. Des questions parfois très concrètes parfois plus philosophiques, comme comment on sait qu’on est mort, est-ce qu’on est triste d’être mort… mais elle m’a aussi parlé de Jésus. Pourquoi est-ce que son amie ne pourrait pas revivre comme lui. J’étais assez embêtée parce qu’on n’est pas vraiment croyant dans la famille et qu’on n’avait jamais parlé de Jésus à la maison mais visiblement quelqu’un lui en avait parlé à l’école. Alors là aussi, on essaie de laisser la porte ouverte aux croyances tout en expliquant la « réalité ».

Les jours d’après

Dans les jours qui ont suivi, elles en ont parlé à plusieurs reprises mais avec beaucoup de calme, de rationalité. Au milieu du repas, elles nomment parfois E. pour dire qu’elles aimeraient qu’elle « revive » ou parfois pour parler plus concrètement de ce qui advient de notre corps après la mort mais elles ont toujours cette faculté d’évoquer cette perte sans le « drama » que nous, on y met. J’y ai réfléchi et, outre le fait qu’ils n’étaient plus dans la même école et donc qu’ils se voyaient moins, je pense que, comme adulte, on se met beaucoup à la place de la maman. Parce qu’elle vit ce que personne ne devrait jamais avoir à vivre et qu’on aimerait une solution miracle pour adoucir sa peine mais qu’on sait que rien n’y fera, nous, comme adultes, on n’arrive pas à sortir de ce chagrin parce qu’on ne peut comprendre l’incompréhensible.

Quoi 6 ans déjà?

Ma petite chouette a eu 6 ans en début de mois et je n’ai toujours pas pris le temps d’écrire quelques lignes pour elle. Il faut dire que cette année, pour la première fois, je n’étais pas là le jour de son anniversaire, retenue à Calgary pour le travail.

J’ai beaucoup pensé à elle, et on s’est rattrapé plus tard mais quelque chose était décidément « off » cette année puisque nous avons aussi été endeuillé quelques jours avant de célébrer sa fête avec ses copines d’école.
Mais ce n’est pas le sujet aujourd’hui.

Ma petite chouette est donc de plus en plus grande, même si pour moi ça reste mon bébé. En maternelle cette année, elle a toujours aussi soif de déchiffrer les sons que l’an passé et l’apprentissage de la lecture s’annonce bien pour l’an prochain. C’est un plaisir de l’entendre aller et nous parler de ses cahiers d’exercice à l’école avec Paco le perroquet ou un autre sur les saisons.

Toujours souriante, elle est entourée d’amies et n’hésite pas à mener son monde à la baguette si on la laisse faire.

Elle a toujours du mal à se réveiller en semaine mais une fois qu’elle est devant son petit-déjeuner (toujours composé de BN trempés dans l’eau!), elle retrouve sa bonne humeur. Pour peu que ce soit la fin de semaine et qu’elle ait le droit de regarder la télé, notre Madame Écran est plus que ravie!

En vrai, on lui limite beaucoup les écrans car elle a beaucoup de mal à passer à autre chose quand vient le temps. Heureusement, elle est aussi tout à fait capable de jouer avec ses Playmobils ou Pat’ Patrouille si elle ne focalise pas sur la télé.

Ces dernières semaines, elle a découvert ce que c’est d’avoir un chien et je crois que ça la rend très heureuse. Elle court parfois en rond dans le jardin avec le petit pitou ou prend beaucoup de fierté à le promener dans le quartier. Son rêve serait qu’on vienne la chercher tous les jours avec Oréo à la sortie de l’école mais malheureusement ce n’est pas possible. Elle apprend par contre qu’il ne faut pas laisser trainer ses jouets car petits bonhommes ou toutou en peluche, le monstre à 4 pattes dévorent tout!

Par contre, mademoiselle est du genre difficile à table et en plus, elle refuse le plus souvent de goûter tout ce qui ressemble à un légume! Certains trouvent grâce à ses yeux (brocolis, carottes, haricots verts par exemple) mais n’essayez pas de lui faire goûter une tomate (même du jardin) ou une aubergine, c’est la crise assurée. Alors on compose avec et on essaie malgré tout de l’encourager à goûter une bouchée au moins. Par contre, elle n’est pas aussi difficile pour ce qui est des desserts et mieux vaut se mettre quelques meringues de côté quand j’en cuisine sinon il ne nous en reste plus!

Avec sa sœur, c’est toujours l’amour fou. Elles se chicanent occasionnellement mais ça reste assez rare. Généralement elles sont plutôt complices, surtout lorsqu’il s’agit de prendre le canapé pour un trampoline ou la salle de bains pour une piscine. En fin de semaine, elles dorment parfois dans la même chambre, on les a d’ailleurs déjà retrouvées tête bêche dans le même lit en semaine alors que normalement c’est chacun sa chambre quand il y a école!

Alors voilà mon petit chat, tu as maintenant 6 ans. tu es grande, tu es pleine de vie mais à chaque balade, tu insistes pour me donner la main.

8 ans, pas encore l’âge de raison

Aujourd’hui, celle qu’on appelait “mon petit poulet” quand elle était encore une enfant aux joues rebondies fête ses 8 ans. Vous dire qu’elle avait hâte est un euphémisme! Chaque matin depuis 1 semaine elle faisait le décompte des jours qu’il restait avant le grand événement!

C’est donc sans qu’on ait besoin de lui demander plusieurs fois qu’elle s’est levée ce matin, tout sourire! Et je dois bien dire que cet enfant est toujours de bonne humeur le matin. Elle part à l’école d’un bon pas, contente de retrouver ses amis et sa nouvelle maîtresse, et on la retrouve le soir généralement souriante, sauf s’il vient d’y avoir un « conflit », comme elle dit, avec une amie.

Cette année, elle a été comme un poisson dans l’eau dans cette nouvelle école et elle s’est vite fait des amis dans le quartier et même dans notre ruelle. C’est ainsi qu’elle virevolte, les fins de semaine et certains soirs, d’une cour à l’autre et qu’elle apprend à vivre avec cette nouvelle autonomie. Cela dit, sa petite sœur est toujours avec elle car s’il y a bien une chose qui ne change pas, c’est ce lien presque fusionnel qu’elles ont.

Elles s’entendent tellement bien qu’on a rarement à intervenir pour des chicanes entre elles mais qu’elles se liguent par contre systématiquement contre nous quand vient le temps de faire quelques tâches dans la maison (mettre la table par exemple). Je ne crois pas que Zoé mesure qu’elle est une grande sœur et que cela implique quelques responsabilités. À les voir aller, j’ai plus souvent l’impression d’avoir des jumelles à la maison que deux petites filles de 2 ans d’écart.

Elles sont souvent en train de se ballonner de rire en faisant une bêtise (comme faire du trampoline sur le canapé par exemple) mais elles sont jamais loin de nous. Encore aujourd’hui c’est rare que ma grande fille de 8 ans joue autre part qu’à quelques centimètres de ses parents. D’ailleurs, même pour des activités plus solitaires, comme la lecture ou le piano, on doit systématiquement être assis à côté d’elle sinon elle ne le fait pas.

Tout ça est parfois intense et il n’est pas rare qu’on perde patience les soirs. On essaie différentes méthodes pour adoucir la routine mais on n’a pas encore trouvé celle qui fonctionnait pour nous.

En attendant on profite d’avoir une petite fille en pleine santé, persévérante et avec une énergie débordante. On sait qu’en dehors de la maison où on est dans l’opposition continuel, à l’extérieur (notamment à l’école), notre puce fait toujours l’unanimité. Elle a une douce personnalité où elle est prête à faire des concessions, laisser sa place si ça peut régler un conflit. D’ailleurs, même à la maison, il n’est pas rare qu’elle cède quelque chose à sa sœur si celle-ci fait une crise comme pour avoir à tout prix LE verre qu’elle voulait ou LA place à table. Elle sert ensuite très fort sa sœur dans ses bras pour apaiser la situation.

Sa professeur de 2ième année nous disait à chaque rencontre que Zoé était « merveilleuse » alors je vais finir sur cette note car même s’il y a des haussements de voix à la maison, ça reste une petite fille merveilleuse qui a surtout besoin de beaucoup d’encouragements et de notre approbation.

Bonne anniversaire ma chouettte.

L’été vu par mes enfants

Les enfants sont en vacances. 

Imaginez : 2 mois de liberté qui commencent par 3 semaines avec un grand-parent dévoué, presque à leur service.

– Les filles, vous voulez aller à la piscine? 

– Non (réponse en chœur)

– Les filles, vous voulez aller aux jeux d’eau?

– Non (encore une fois)

– Les filles, vous voulez aller au parc?

– Non (on vous a dit)

Mais que veulent faire deux fillettes de 5 ans et demi et 7 ans et demi de leur été en vivant à Montréal?

Jouer avec les amis de la ruelle, tiens! Au point, qu’elles préfèrent dire non aux activités de baignade en pleine canicule que de s’éloigner d’eux! Même pour une crème glacée, il faut leur jouer des tours pour les convaincre de venir parce que, c’est pas tout, mais NOUS on a envie de se promener, de déguster une collation glacée ou de faire du vélo!

J’imagine que l’important c’est qu’elles s’amusent, que ce soit dans les cours des voisins (qui ont parfois de petites piscines pour se rafraîchir) ou dans un vrai bassin…

Quant à nous? On profite de notre jardin à défaut de pouvoir partir en balade.

L’année achève… déjà!

La fin du mois de mai approche et bien que ce soit plus ou moins flagrant au niveau de la météo, ça veut dire que dans un mois ce sont les grandes vacances qui auront commencé pour nos enfants!

Une nouvelle année scolaire s’achève. Par certains points, elle a ressemblé à l’année précédente, surtout pour notre aînée pour qui étudier est difficile mais le fait d’être dans une petite école de quartier a apporté beaucoup de positifs.

Les filles se sont rapidement fait des amis dont certaines copines qui habitent même notre ruelle. LOn aura participé à plusieurs événements à l’école dont un bal d’Halloween et une soirée jeux de société.

La meilleure surprise sera sûrement venue de la prématernelle pour laquelle je n’avais pas de grandes attentes mais où les enfants ont fait tellement d’apprentissage! Notre cocotte de 5 ans (le problème d’être née au mois d’octobre) a appris à écrire pas mal toutes les lettres mais aussi à assembler les sons. C’est ainsi qu’on l’entend faire des « ttt… iiiii… TI », toute fière d’elle. Elle prend plaisir à lire quelques syllabes dans les livres et demande régulièrement qu’on lui pose des petites questions mathématiques (qu’est-ce qui vient après 6, combien font 2+2, etc.).

Je m’attends à ce que son enthousiasme diminue lorsqu’elle aura vraiment des devoirs à faire mais l’avantage d’être la deuxième, c’est qu’on peut anticiper les leçons tout doucement alors que pour sa sœur, on découvre au fur et à mesure le programme et, les méthodes d’apprentissage n’étant pas les mêmes, on est parfois démuni.

Quoiqu’il en soit, l’année achève déjà et on ne peut que dire du bien de notre école de quartier et des enseignantes qu’auront eu les filles.
On verra ce que l’année prochaine nous réserve mais dès que les évaluations de fin d’année seront passées pour notre 2ième année, on pourra enfin laisser faire les devoirs pour quelques semaines bien méritées. Et quand je dis ça, je ne parle pas juste pour notre écolière mais bien pour nous aussi parce que ça a été… rock n’roll.

J’ai pas envie

Je ne sais pas chez vous mais alors dans ma maison de fou, à chaque fois qu’on demande quelque chose aux enfants, on s’entend répondre « J’ai pas envie ». Qu’on leur demande de se laver les dents, de débarrasser leurs assiettes ou de lire un livre, la réponse est toujours la même, à mon grand désespoir. C’est parce qu’en soi, si elles ne se lavent pas les dents, ce n’est pas moi qui vais subir la réparation de la carie chez le dentiste (pour une fois) mais pourtant, comme tout parent (qui se respecte), je prends à cœur qu’elles aient une bonne hygiène buccale, voire une hygiène tout court parce qu’elles ne veulent pas non plus prendre de douche!

Dans notre livre des ruses parentales, nous alternons donc avec plus ou moins de régularité le chantage (tu pourras regarder un épisode de la Pat Patrouille si tu es habillée avant que ce soit l’heure de partir), la menace (si tu ne ranges pas tes jouets, je vais les donner) ou encore les systèmes de motivation divers et variés.

Ainsi nous avons eu une phase « Diamants ». Je vous explique. À chaque bonne « action » (vider sa boîte à lunch, ramasser ses jouets, etc.), les filles recevaient un ou plusieurs diamants (faux ai-je besoin de préciser) qu’elles pouvaient ensuite monnayer contre une bebelle dans la « boîte des récompenses ». On y trouvait des petits livres, des crayons à tatoo, des suçons, etc.
Ça a duré un certain temps, avec plus ou moins de succès. C’est d’ailleurs le problème de ces systèmes de motivation, il faut s’y astreindre et que ce soit pratiqué par toute la famille en permanence sinon les changements ne s’ancrent pas dans la routine.

Le temps a passé, on a laissé tomber mais les frustrations, elles, sont bien là, d’autant que plus les enfants grandissent, plus ils devraient s’impliquer dans les tâches quotidiennes et se responsabiliser.

C’est ainsi qu’on attaque un nouveau système : la liste des tâches à faire chaque soir est affichée dans la maison et elles cochent en vert ce qu’elles ont fait SANS qu’on ait besoin de leur répéter dix fois (sacré défi). Si toutes les tâches sont cochées, elles ont le droit à un privilège le mercredi, si seulement 5 ou 6 sont cochées, elles ont le droit à un privilège à la fin de la semaine seulement. Si à peu près rien est coché, les parents font juste s’arracher les cheveux (encore)!

Sur le papier, c’est bien beau mais le plus dur (outre l’astreinte), c’est de définir le bon privilège, soit celui qui va suffisamment motiver les enfants sans coûter un bras aux parents (pas question d’acheter quelque chose sur une base régulière) ou impliquer un temps d’écran quotidien… Parce que c’est sûr que si on leur dit « si vous faites toutes vos tâches, vous aurez le droit à la tablette », elles vont le faire mais moi, ça ne me convient pas. Je cherche à éviter à tout prix la tablette (surtout la semaine) alors je ne veux pas rentrer dans cet échange. Il faut donc que nous trouvions quelque chose qui convienne à tout le monde mais nous n’avons pas encore mis le doigt dessus.

Si vous avez des idées, n’hésitez pas! Et pour info, la liste de ce qu’on leur demande de faire:
– Vider leur boîte à lunch
– Faire 15 minutes de devoir les soirs où il n’y a pas d’aide aux devoirs
– Prendre une douche (un soir sur deux)
– Mettre la table
– Débarrasser son assiette
– Ranger le salon (elles jouent que dans cette pièce)
– Lire un livre
– Se laver les dents

Une rentrée… rock n’roll

Cette année les vacances de Noël ont vraiment été synonymes de repos, voire même de journée pyjama à plusieurs reprises. Nous avons rapidement adopté un rythme tout en douceur, avec lever plus tardifs (passé 9h pour les parents, 8h pour les enfants), repas à des heures décalés et soirées qui se prolongent. Le 1er janvier, je connais même une cocotte qui s’est réveillée passé 12h30, une vraie grasse matinée d’ado, après s’être couchée vers 1h30 du matin.

Les enfants ont découvert Netflix, auquel nous nous sommes tardivement abonnés, et il a fallu parfois user de ruse (généralement cacher la télécommande) pour leur faire cesser leur visionnement compulsif de certaines émissions (Fuller House pour la plus grande).

Globalement chacun a occupé ses journées à son rythme, sauf les 2 chatons que nous avons présentement en famille d’accueil qui ont plutôt subi celui de notre cadette qui a passé son temps à les trimballer d’une place à l’autre et à les garder (plus ou moins) discrètement dans sa chambre.

Portée par ses vacances tranquilles, je n’avais pas mesuré (ou avais-je déjà oublié?) que la rentrée amènerait son lot de crises, et ce, dès les premiers jours de retour à l’école.

C’est ainsi qu’à peu près tous les soirs de cette semaine, nous avons dû gérer les hurlements de l’une ou l’autre de nos filles, mais plus fréquemment de la plus jeune. Le premier prétexte est en général celui du goûter car en arrivant vers 17h15 à la maison, elles ont faim et ont souvent une idée bien arrêtée sur ce qu’elles veulent et qui impliquent de la pâte à tartiner! Quand après moult négociations, on s’est entendu sur quelque chose de plus léger, il faut gérer les cris pour faire un jeu sur la tablette! Alors celle-là je ne l’avais pas vu venir car les filles ont rarement accès à la tablette et ne l’ont même pas demandé pendant les vacances. Mais tout à coup, de retour de l’école, voilà que la demande (ou l’ordre) de « jouer sur la tablette » surgit! Comme on ne souhaite pas qu’elles jouent à ça pendant la semaine, une nouvelle crise mondiale se déroule au beau milieu du salon… tous les soirs de cette semaine!

Je vous passe les autres négociations quand vient le temps de prendre une douche, de se coucher mais en gros, à peine l’école a repris que la guerre s’est déclarée chez nous! On va espérer qu’il faut simplement que la routine se remette en place pour que les choses rentrent dans l’ordre parce qu’à ce rythme-là on va tous avoir besoin de nouvelles vacances très rapidement!

Et chez vous, comment s’est passée la rentrée?

Troubles sensoriels chez les petits

Chaque enfant vient avec ses petits tocs, les choses qu’il aime, les habits qu’il veut remettre encore et encore mais certains vont au-delà de ça et rentrent dans la catégorie « difficultés sensorielles » si je puis dire. Nous avons découvert ce monde avec notre cadette où tout est parti d’une paire de chaussettes Orchestra venue de France. Tout allait relativement bien dans le monde merveilleux d’un enfant de 3 ans jusqu’à ce qu’elle reçoive un lot de 5 paires de chaussettes, toutes simples, qui ont été élu comme les seules chaussettes au monde acceptables de porter.

C’est ainsi qu’un an plus tard, les chaussettes se faisant de plus en plus petites, nous avons tenté de trouver des remplaçantes. Pas fou, nous avons embarqué Mia pour qu’elle valide ce qu’elle voulait à ses pieds. Après de longues négociations parce que rien ne faisait l’affaire (il ne fallait pas d’élastique, de motif, d’écriture, y compris la taille sur le dessous), nous avons convenu que celles qui étaient super douces de la Pat Patrouille ferait l’affaire…

Elles ont fait l’affaire dans le magasin mais elle n’a jamais pu les mettre! Pour vous donner une idée, lors de nos vacances à Savannah, on a eu des crises tous les jours pour les chaussettes et elle préférait remettre plusieurs jours de suite les mêmes chaussettes plutôt que de prendre un autre modèle. On lui a proposé celles de sa sœur, celles de enfants de nos amis mais non, rien y faisait! En rentrant, je suis allée dans la seule boutique Orchestra de Montréal voir si par tout hasard ils n’avaient pas encore le même modèle et là, ô miracle, il l’avait, dans plusieurs tailles en plus! Depuis, nous avons la paix au moment de l’habillage.

Enfin, ça c’est sans compter la question des leggings. Cet été, aucun pantacourt ou legging lors des journées plus fraîches n’a trouvé grâce à ses yeux. Il semble que tous lui serraient les jambes, même ceux une taille au-dessus. Alors pour l’instant ce n’est pas très problématique mais j’espère qu’elle va adoucir sa position quand les températures vont baisser. En parallèle, elle a aussi refusé de mettre des jupes car la plupart ont un short en-dessous et ça la gênait ou sinon le simple élastique autour de la taille la serrait trop, même si c’etait une grandeur au-dessus! Elle en aura passé du temps à changer de tenue avec tout ça!

Je ne vous parle même pas de ses cheveux, qu’on ne peut plus attacher depuis cet été parce que le moindre élastique tire! Alors elle a les cheveux détachés en permanence, oubliez barrette et serre-tête, ils prennent les airs dans les minutes qui suivent la pose… ?

Notre dernier combat est celui des chaussures. Elle avait une paire de basket qu’elle a porté plusieurs mois sans souci à la garderie et le jour de prendre l’avion pour la France soudainement elle faisait trop trop mal! Elle est partie avec une paire plus grande qu’on avait de sa sœur mais pas une seule fois sur place, elle a accepté de les mettre « ça fait mal, ça sert, c’est pas confortable, etc. »! On lui a proposé de choisir elle-même une paire pour la rentrée et bien elle a obstinément refuser d’aller magasiner! On a fini par avoir gain de cause et après avoir essayé 5 paires qui toutes « serraient » apparemment, on a décidé d’aller vers des lacets plutôt que des scratchs en espérant que ça serait plus « lousse » et qu’on n’aurait pas de crise tous les matins. Bien sûr, ça implique de lui apprendre à faire ses lacets avant!

C’est drôle parce que vu de l’extérieur, on se dit que ce sont des crises d’enfant gâté, qu’il faut juste la forcer, « ne rien lâcher » mais pour le vivre au quotidien, un enfant qui a des difficultés sensorielles comme ça, y a aucune façon de le forcer. On l’a bien vu avec l’histoire des chaussettes, elle aurait préféré sortir pieds nus que de garder une paire qui la gênait et y a bien des paires qu’au simple toucher, elle identifiait qu’elle ne supportait pas la matière. À date, les meilleures solutions sont les compromis, en essayant de comprendre ce qui lui cause des problèmes pour trouver une alternative (exemple les baskets à lacet qui devraient être moins serrées). Le problème, c’est qu’il peut y avoir de nouvelles difficultés qui apparaissent n’importe quand (comme les leggings cet été). Ça va encore nous prendre de la patience pour quelques années…