Catégorie : C’est mieux en le disant

Faire face à la mort quand on a des enfants

Dans ma vie, je n’ai eu que 3 fois à faire face à la mort (autre que d’un animal de compagnie).

La première fois, c’était pour ma grand-mère, décédée subitement à 79 ans l’année de mes 21 ans. Le chagrin était immense et même si la mort d’un aîné fait partie de la vie, je me souviens en avoir voulu aux inconnus dans la rue qui continuaient leur vie sans se douter de ce que je vivais.

Quelques années plus tard, c’est mon supérieur au travail qui est décédé dans un accident de ski. C’était quelqu’un que j’appréciais beaucoup, qui avait remis sa vie à l’endroit après des années plus sombres et qui m’avait beaucoup encouragé dans mon emploi. Sa perte a créé une onde de choc mais comme je ne le connaissais pas dans la vie privée, ça a été plus « facile » à gérer.

Et puis cette dernière fois, il y a juste quelques semaines où la mort a frappé à nos portes au détour d’un message Facebook qui vous met dans la face que le pire des faits divers qui pouvait se passer concerne quelqu’un que vous connaissez. Deux enfants pour être exacte qui ont été tués par leur père, laissant leur mère et tous les gens qui les connaissait dans un deuil épouvantable.

La petite fille était dans la classe de Mia l’an passé, c’était même sa première amie à l’école et avec leur 2 autres copines, elles ont formé un petit groupe très soudée toute l’année. Cette famille a déménagé dans un autre quartier mais on était resté en contact. Mia était allée jouer chez eux quelques jours avant le drame et la petite fille devait venir à son anniversaire quelques jours après.

Alors on s’est demandé s’il était judicieux de dire aux filles ce qui s’était passé. J’étais personnellement prête à leur mentir plutôt qu’à leur faire vivre cette peine. Parce que comme adulte, c’était (c’est) extrêmement difficile à surmonter alors je n’imaginais pas pour un enfant.

Mais ce genre de nouvelles circulent et dès le lendemain, l’école m’appelait pour me dire qu’une petite fille l’avait dit à notre 6 ans. Alors voilà, on n’avait plus le choix. On est allé chercher les filles plus tôt, le cœur très lourd, mais on a trouvé deux petites filles joyeuses. Quand on a abordé le sujet, notre cadette nous a dit: « C’est rien, K. a dit que E. est au ciel. Elle voyage! » C’est là qu’on a compris que tout était confus dans son esprit et qu’il valait mieux lui dire les choses comme elles étaient.

Sur les conseils d’une amie psychologue dans une commission scolaire, nous avons choisi d’utiliser les vrais mots mais de ne pas rentrer dans les détails, d’être surtout à l’écoute de leurs questionnements. On a choisi de dire que le papa était très malade dans sa tête, qu’il aurait dû aller chercher de l’aide auprès d’un médecin mais qu’il ne l’a pas fait. Évidemment, je ne connais pas tous les détails mais c’est cette version que nous avons choisi d’expliquer. Expliquer aussi que quelque chose comme ça est excessivement rare et n’aurait pas dû arriver à leurs amis.

Elles ont eu beaucoup de peine ce soir-là mais l’ont géré différemment. Très vite la plus jeune avait plein de questions. Des questions parfois très concrètes parfois plus philosophiques, comme comment on sait qu’on est mort, est-ce qu’on est triste d’être mort… mais elle m’a aussi parlé de Jésus. Pourquoi est-ce que son amie ne pourrait pas revivre comme lui. J’étais assez embêtée parce qu’on n’est pas vraiment croyant dans la famille et qu’on n’avait jamais parlé de Jésus à la maison mais visiblement quelqu’un lui en avait parlé à l’école. Alors là aussi, on essaie de laisser la porte ouverte aux croyances tout en expliquant la « réalité ».

Dans les jours qui ont suivi, elles en ont parlé à plusieurs reprises mais avec beaucoup de calme, de rationalité. Au milieu du repas, elles nomment parfois E. pour dire qu’elles aimeraient qu’elle « revive » ou parfois pour parler plus concrètement de ce qui advient de notre corps après la mort mais elles ont toujours cette faculté d’évoquer cette perte sans le « drama » que nous, on y met. J’y ai réfléchi et, outre le fait qu’ils n’étaient plus dans la même école et donc qu’ils se voyaient moins, je pense que, comme adulte, on se met beaucoup à la place de la maman. Parce qu’elle vit ce que personne ne devrait jamais avoir à vivre et qu’on aimerait une solution miracle pour adoucir sa peine mais qu’on sait que rien n’y fera, nous, comme adultes, on n’arrive pas à sortir de ce chagrin parce qu’on ne peut comprendre l’incompréhensible.

Trier ses expressions (québécoises)

Source: https://enseigner.tv5monde.com/fiches-pedagogiques-fle/les-expressions-quebecoises

Dans quelques jours, on s’envole pour la France. C’est le temps de faire un peu de ménage dans nos expressions pour ne pas nous faire regarder tout croche. Mais au juste, quelles expressions sont québécoises dans notre vocabulaire? C’est qu’avec le temps, on en sait plus rien!

Dans celles dont je suis pas mal sûre qu’elles viennent bien d’ici :

– C’est correc(t)

– La la (d’accord ce n’est pas une expression en tant que tel, juste 2 petites syllabes qu’on rajoute un peu partout)

– Croche (justement)

– Ça n’a pas de bons sens

– C’est plate

– Niaiseux

– Ça a pas d’allure

– Des broches (rapport aux dents) versus des bagues

– Ça vient me chercher

– Être broche à foin

– Des ustensiles

– Du change (de la monnaie)

– Dormir au gaz (mon chum l’utilise beaucoup, moi pas trop)

– Se calmer le pompon

– Être magané

Celles qui sont bien françaises :

– Du coup 😀

Et puis il y a toutes celles que j’utilise sans m’en rendre compte mais qui j’en suis sûre vont faire se lever quelques sourcils pendant notre voyage. D’ailleurs il y a bien longtemps, j’avais une série « On ne dit pas » sur le blog où je notais tous ces mots de vocabulaire qui nous surprennent en arrivant.  

De la Rive-Sud à l’île de Montréal, un an plus tard

Dans quelques jours, cela fera un an que nous sommes revenus sur l’île de Montréal.

Nous avions décidé de quitter notre maison bien aimée et de laisser derrière nous piscine pour retrouver un quartier que nous aimons particulièrement (Hochelaga) et dans lequel j’ai déjà eu 3 apparts au cours de ma vie montréalaise, tous à quelques pas de notre maison actuelle.

J’avais élaboré sur les raisons de ce changement l’an passé et je dois dire qu’un an plus tard, nous n’avons aucun regret. Il faut dire que nous avons trouvé la maison parfaite pour  nous.

Mais nous apprécions par-dessus tout d’avoir tout à quelques pas. Nous avons aussi bien des magasins zéro déchet (Mega Vrac et Terre à soi notamment), que des petits commerçants type boucherie, pâtisserie sans oublier les épiceries classique et petits restos délicieux (l’État-major étant mon préféré).

À vrai dire, on a tellement tout à proximité que le seul moment de la semaine où on utilise l’auto, c’est pour conduire notre cadette à son cours de gym le samedi matin, et encore, quand il fait beau, on y va en vélo.

On est rendu au point où l’on se demande si on va reprendre une voiture à la fin de notre leasing dans quelques mois…

L’autre point qui nous avait fait franchir le pas, c’était la flexibilité offerte par le métro. Bien sûr, cela peut paraître évident (ou peu important pour d’autres) mais pour nous, c’était devenu un des points de friction les plus importants de la vie en banlieue.
On a beau dire mais quand le bus qui passe proche de chez toi s’arrête vers 18h et qu’il faut ensuite en prendre 2 ou 3 (qui passent parfois qu’aux heures) pour rentrer, ça limite un peu les 5 @ 7 improvisés. Payer 40$ de taxi (minimum) ou devoir mettre 1h30 pour rentrer, ça coupe toute envie d’aller boire un verre avec des collègues sur un coup de tête.

Pour certains, la question ne se pose pas car ils aiment être en auto et ne se déplacent jamais sans mais pour nous, c’est hors de question.

Alors maintenant, on met 30 minutes pour se rendre au travail en métro et vu qu’il passe aux 2-3 minutes, si l’un de nous a une sortie de dernière minute, pas de problème. Ni pour celui qui doit récupérer les enfants à l’école à l’improviste, ni pour celui qui rentre plus tard puisqu’à 16h ou à 22h, on met toujours 30 minutes pour rentrer.

Ainsi, on savoure particulièrement notre vie de quartier et les enfants, la vie de ruelle. Aussitôt les beaux jours revenus, toute une vie a repris dans la ruelle et les enfants vagabondent d’une maison à l’autre. Il faut parfois arpenter la ruelle à l’heure du souper pour remettre la main sur nos gnomes (et user de persuasion pour les convaincre de rentrer quand les autres jouent encore) mais le côté positif, c’est qu’ils ont toujours des amis avec qui s’amuser.

Alors voilà, un an plus tard, toutes les interrogations qu’on pouvait avoir avant de sauter le pas se sont envolées et ont laissé place à cette certitude qu’on a trouvé notre nid.

Adopter ou ne pas adopter un chien…

Depuis plusieurs mois, je me suis mise en tête d’adopter un chien.

J’ai cette image parfaite de mon enfance où vers 15 ans, j’avais réussi à convaincre mes parents d’aller faire un tour à la SPA « juste pour voir ». Cela faisait plusieurs années que notre chien était décédé et je rêvais d’avoir un jour un chiot.

Arrivés à la SPCA, mes parents n’avaient eu aucun coup de cœur pour les chiots présents et j’avais eu très peur que nous repartions bredouille. Ils avaient tout de même entrepris de faire le tour des cages des chiens adultes et c’est là que la magie a opéré. Je ne saurais pas dire exactement pourquoi mais juste en passant devant la cage de ce berger allemand croisé beauceron, nous sommes tombés en amour. Ça devait être à sa façon de nous regarder ou de se tenir mais tout de suite, nous avons demandé à pouvoir aller le promener et au final il est resté dans nos vies les 13 années qui ont suivi.

Ça a été le chien le plus merveilleux au monde alors qu’on n’avait aucun intérêt pour cette race, qu’il n’avait rien d’un mignon petit chiot vu qu’il avait déjà sa taille adulte à 11 mois, mais tout dans son comportement était parfait. Il a bien détruit quelques objets les premiers mois mais sans jamais montré aucun signe d’agressivité.

 

Lewis (le meilleur chien au monde)

Alors depuis que je songe à adopter un chien, j’aimerais reproduire le même coup de cœur mais force est d’admettre qu’à Montréal, c’est pas mal plus compliqué.

Tout d’abord, je souhaite adopter un chien de refuge seulement, je ne cherche en aucun cas à acheter un chien dans un élevage ou pire, d’un particulier sur Kijiji (si vous vous demandez pourquoi, cherchez Stitch sur la page Facebook de Chatons Orphelins Montréal).

Dans les refuges, il n’y a pas autant de chiens que l’on pourrait croire (alors que le nombre de chats explosent toujours) et si vous ajoutez quelques critères comme compatible jeunes enfants et chats, c’est quasiment mission impossible. Maintenant vous éliminez aussi certaines races que nous préférons éviter (husky, labrador, pitbull par exemple), les chiens trop âgés pour nous (on aimerait 3 ans et moins) et vous avez… zéro choix! Ou si un jour vous spottez un chien qui pourrait peut-être convenir, vous êtes mieux de pouvoir vous déplacer dans l’heure car cette perle sera vite adoptée (et tant mieux pour lui).

Tartine, aussi appelée le monstre

Comme j’ai tendance à croire au destin, je me dis que c’est peut-être mieux ainsi car je me souviens bien de toutes les difficultés que nous avons eu avec Tartine et faire garder un chien à chaque vacances est tout un défi…

En attendant, je me suis inscrite auprès de différents organismes pour être famille d’accueil mais, à date, aucun n’a eu de chien qui pouvait être placé avec une famille ayant des enfants. L’ironie dans tout ça est qu’il y a de très nombreux chiots ou jeunes chiens à adopter de l’autre côté de la frontière.

Bien sûr, on pourrait aller dans le Vermont mais la plupart des animaux sont placés en famille d’accueil et il faut d’abord envoyer une application et être sélectionné avant de pouvoir rencontrer le chien. Cela veut dire que vous ne pouvez pas vous balader dans le refuge en attendant d’avoir un coup de cœur pour l’une ou l’autre de ces petites bêtes, vous faites la route pour rencontrer l’animal vu en photo seulement.

D’un autre côté, si Internet avait existé quand nous avons adopté Lewis (notre fameux berge allemand), on ne se serait peut-être pas déplacé au refuge ce jour-là parce qu’en photo aucun chien ne nous aurait tapé dans l’œil… À méditer.

Si vous avez une belle histoire d’adoption, n’hésitez pas à me la partager.

Quelques-uns des refuges ou organismes auprès desquels adopter un chien dans la région de Montréal:

SPCA Montréal, SPCA Montérégie, SPCA de l’Ouest

Les Pattes jaunes

Berger Blanc

Les Aristopattes

Refuge Magoo

Services Animaliers de la rive-Sud

Une année pleine de changements qui s’achève

2018 aura assurément été une année mouvementée. En février, nous sommes allés à Savannah, en mars, j’ai changé de travail, en avril j’ai fait du curling pour la première fois, en juin les filles ont participé à leur tout premier spectacle de danse puis nous avons quitté la Rive-Sud pour revenir nous installer à Montréal. En juillet mes parents sont venus et ma maman a malheureusement déclenché un zona qui lui pourrit encore la vie aujourd’hui, je suis aussi montée tout en haut d »une éolienne, en août, nous avons visité le Portugal et sommes devenus Famille d’accueil pour la SPCA, en septembre, les filles ont intégré leur nouvelle école (et l’école tout court pour Mia), en novembre, je suis allée au New-Jersey pour le travail et au courant de l’automne, j’ai eu 3 greffes de gencives!

Cette année a été très riche en émotions, en découvertes aussi et 2019 s’annonce pas mal plus calme, ce qui n’est pas forcément pour me déplaire. On va essayer de focaliser sur les petites choses du quotidien qu’on peut changer pour rendre la vie plus douce. Ça passe aussi par s’accorder plus de sorties, en célibataire ou en couple, et d’escapades en famille. C’est aussi cette année que je commence mon traitement orthodontique, pour au moins 2 ans et demi!

Pour 2019, j’aimerais avant tout que ma mère retrouve sa santé et que personne d’autres ne tombent malades tant qu’à faire. Pour le reste, on s’arrangera entre nous. 😉

Mon bébé n’a plus besoin de petites roues

Il y a de ces journées qui s’annoncent simples (bien que chargées, rapport au déménagement qui approche) et qui finalement prennent une saveur toute particulière, la saveur de la très grande fierté parentale!

Ça faisait quelque temps qu’on suggérait à notre petite dernière d’essayer le vélo sans petites roues mais elle n’était pas très partante et les occasions d’insister n’ont pas été nombreuses non plus vu qu’on n’a pas été chez nous une fin de semaine depuis 2 mois ou presque…

Alors ce dimanche, après une virée chez le marchand Suédois et une autre chez Chocolats Favoris, nous avons remis le sujet sur la table. Mia n’était pas beaucoup plus emballée mais a concédé qu’elle voulait bien essayer « juste une fois », à condition qu’on remette les petites roues si elle n’y arrivait pas.

On a profité de ce mini élan tout en se disant qu’on aurait mieux fait de choisir une autre journée vu qu’il faisait à peu près 40° et qu’on avait du courir loooongtemps après Zoé quand elle a appris!

Mais les deux étant bien différentes, je n’avais pas eu le temps de me préparer pour filmer que ma 4 ans et demi était déjà partie, mon chum marchant à peine à côté! Aussi simplement que ça, elle savait faire du vélo!

Elle a continué longtemps, délaissant les jeux d’eau pour faire des tours de terrain de baskets, maîtrisant déjà le freinage et les virages. Elle a parfois besoin d’aide au départ mais même ça elle se débrouille super bien! Le seul mauvais côté, c’est que maintenant elle veut passer chaque minute à faire du vélo et n’a que faire que ce soit l’heure de préparer le repas ou d’aller se coucher!

Mais je suis tellement, tellement fière d’elle!

Alors, cette 1ère année?

J’avais eu l’occasion de parler cet hiver des difficultés rencontrées par Zoé à l’école et du poids que cela faisait peser sur l’ensemble de la famille quand les devoirs sont devenus une bataille. Avec le recul, je dois dire que ce sont surtout ces foutus mots étiquettes qui nous ont compliqué la vie pendant des semaines. Du jour où Zoé a su lire en janvier, on a déjà éliminé une grosse partie du problème puisqu’il n’y avait plus cette liste interminable de mots « à reconnaître sans les lire ».

 

C’est drôle comme la lecture paraissait loin en décembre et du jour au lendemain, quelques semaines plus tard, c’était acquis! On a acheté plusieurs livres adaptés à la 1ère année (CP) et je dois dire que Zoé avait eu un coup de cœur pour cette collection qui vient de France :

Aujourd’hui, on travaille sur la ponctuation et la compréhension, car ma cocotte a tendance a enchainé toutes les phrases sans marquer de pause et donc sans se rendre compte que cela ne fait pas de sens. Mais avec le temps, je n’ai aucun doute que ça va se débloquer tout seul.

Une autre chose qui a sûrement aidé est d’avoir fait appel à quelqu’un pour l’aide au devoir. Si ce service est offert au service de garde de l’école, Zoé pouvait rarement y aller car cela tombait pendant son cours de yoga. On a donc décidé de faire appel à notre voisine qui étudie en science de l’éducation justement pour venir 2×30 minutes par semaine aider Zoé avec ce qu’on n’a pas eu le temps de voir pendant le week-end. Ça nous a permis d’éviter les négociations/lamentations interminables sur base de « je ne veux pas faire mes devoirs ». Avec notre voisine, aucun problème, Zoé prend plaisir à travailler avec elle. On continue à faire une partie des devoirs/leçons la fin de semaine mais ça passe bien mieux et la semaine, on n’en parle plus. C’est sûr que c’est un budget et on verra si c’est nécessaire de continuer l’année prochaine mais cette année, ça a assurément ôter une certaine pression de la famille.

Reste que cette 1ère année est tellement intense! C’est fou de voir tout ce qu’ils apprennent : la lecture bien sûr mais aussi l’orthographe, les conjugaisons, les additions, résolutions de problème, géométrie, l’anglais, etc.!

Je suis impressionnée et à la fois déconcertée car ce n’est que le début et je n’ai aucun doute que le rythme n’est pas prêt de diminuer… Par contre, je ne vais pas être capable de l’aider longtemps en math vu ma propre histoire avec cette matière! ?

Pourquoi faire testament et mandat d’inaptitude?

Les faits: mon chum et moi sommes conjoints de fait et non mariés. Si un jour, l’un de nous décède, ce n’est donc pas le conjoint qui hérite mais les héritiers légaux. Dans notre cas, ce serait les enfants mais tant qu’ils sont mineurs, la gestion de l’héritage revient au conseil de tutelle soit 3 à 5 membres de la famille qui surveillent tout et ont leur mot à dire sur toutes les décisions, y compris pour racheter les parts de la maison ou la vendre… Imaginez les conflits que cela peut entraîner…

Si nous décédons tous les deux, sans testament, c’est le conseil de tutelle encore qui décide de l’avenir des enfants. Le conseil est nommé parmi les membres des deux familles. Imaginez quand les familles sont en France et que chacun pense savoir ce qui est le mieux pour les enfants.

Le jour où nous sommes devenus parents, il a été rapidement clair que s’il nous arrivait quelque chose à tous les deux, nous souhaitions que les enfants restent au Canada, seul pays qu’ils ont connu et auprès des amis qu’ils voient très souvent. Si nous étions restés en France, nous aurions peut-être choisi de confier la garde à quelqu’un de la famille, et encore, ce n’est pas toujours évident, selon la proximité, les liens… mais en étant loin, la question a été vite résolue. Par contre, choisir les « bonnes » personnes pour affronter cette situation dramatique n’a rien d’évident même si on adore nos amis. On a donc fait le choix qui nous paraît aujourd’hui le meilleur mais il faut savoir qu’on doit nommer un tuteur, pas un couple. Il est par contre recommandé de choisir des « back-ups » au cas où le premier ne puisse pas ou ne souhaite pas assumer cette lourde responsabilité.

Si cela règle la question de la garde des enfants, il y a encore celle de l’héritage. Si nous décédons tous les deux, les enfants hériteront mais il est fortement recommandé de désigner un « liquidateur testamentaire » différent dont l’objectif sera de gérer au mieux l’héritage dans l’intérêt des enfants. Nous avons découvert que ce liquidateur n’avait pas le droit de vendre la maison excepté s’il obtient l’autorisation d’un juge. Il remboursera par contre toutes les dépenses que le tuteur encourra pour nos enfants (ex: frais scolaire, habillement, activités sportives, etc.). Si le tuteur doit se reloger dans plus grand, c’est aussi une dépense admissible. Au poste de liquidateur, nous avons choisi une amie proche, qui ne connaît pas forcément les tuteurs, mais qui veillera aux meilleurs intérêts des enfants.

S’est posée la question de la rémunération de tout ce monde-là… C’est un choix personnel avec 2 écoles de pensée: « les tuteurs/liquidateurs sont des personnes proches qui font ça par pur altruisme donc ils ne devraient pas être rémunérés » versus « c’est un rôle énorme qu’on leur demande, qui peut leur encourir pour très longtemps (en espérant que non, hein) alors ça mérite bien une rémunération »… Si c’est votre choix, il faut encore se mettre d’accord sur la somme et définir les modalités. Personnellement, on n’a pas souhaité qu’il y ait un montant X forfaitaire qui soit donné dès la « prise de fonction » mais plutôt une petite rémunération annuelle car on peut mourir demain comme la veille des 18 ans des enfants…

Les testaments, c’est une chose mais qu’est-ce qui se passe si l’un de nous devient inapte? C’est-à-dire qu’il tombe dans le coma ou dans un état végétatif en gros et donc que sans être décédé, il n’est plus capable de rien, ni de décider quoi que ce soit pour lui-même… C’est là qu’un mandat d’inaptitude ou de protection est important. Comme le testament, il n’est pas obligé d’être fait devant notaire si l’on respecte certaines règles mais dans ce cas, le jour où un événement dramatique se produit, il faut le faire homologuer, ce qui prend du temps et coûte de l’argent. Personnellement, on a mis longtemps à le faire mais on a fait toutes les formalités en même temps chez le notaire.

Ce mandat vous permet d’indiquer des choix médicaux (pas d’acharnement thérapeutique par exemple) mais aussi de confier les rennes de votre « portefeuille » à votre mandataire, histoire de pouvoir continuer à payer les factures courantes par exemple, ou même faire les déclarations d’impôts. Comme nous ne sommes « que » conjoints de fait, ce n’est pas automatiquement l’autre qui aurait ce rôle puisque la décision reviendrait à un tribunal et on entend assez d’horreurs là-dessus pour s’en prémunir. Surtout que dans ce cas, un conseil de tutelle est aussi nommé pour surveiller toutes les décisions que prend la personne. Charmant!

Il y a toujours le risque que nous soyons inaptes en même temps ou que l’autre soit décédé avant, il est donc important de nommer plusieurs mandataires pour différents cas de figure.

Mais une fois les testaments et mandats d’inaptitude dument signés devant notaire et enregistrés ici, que se passe-t-il s’il nous arrive quelque chose en France? Et si nous héritons un jour de biens en France?

J’aurais du préciser que pour tous les aspects précédents, il est très fortement déconseillé de nommer quelqu’un qui réside à l’étranger. Le droit international pourrait venir compliquer vos souhaits notamment.

Mais si vous rendez visite à vos familles en France quand malheureusement vous décédez? Hmm, cela se complique car le droit n’est pas le même et qu’en admettant que vos familles demandent votre testament canadien, des clauses pourraient être invalidées. Exemple: on ne peut pas déshériter ses enfants donc oubliez le conjoint qui hérite de tout, c’est maintenant le conjoint et les héritiers.

Si vous êtes inaptes, est-ce que vous souhaitez attendre que votre mandataire au Canada prenne l’avion pour vous rejoindre et prendre des décisions ou souhaitez-vous que votre famille sur place ait le droit de décider? Je n’ai pas de bonnes réponses à toutes ses questions. Une solution serait de faire un testament en France qui en gros vienne dire que c’est le testament canadien qui prévaut mais c’est un coût additionnel. Par contre, si jamais vous avez des biens en France, il est important de vous pencher sur la question. Si besoin, j’ai le contact d’une notaire française qui est basée à Montréal (mais qui officie vraiment comme notaire en France).

Bonne chance!

Première année, CP, pas toujours facile pour nos enfants

J’ai globalement de bons souvenirs de mes années d’école primaire. Maîtresses sympas, bonne entente parmi les enfants (les mêmes d’une année sur l’autre) et aucune difficulté d’apprentissage. Je vous peindrais un tableau bien différent si on parlait des années collège-lycée par contre!

Alors quand ma fille aînée a commencé l’école, je ne me suis pas dit une seule seconde qu’elle pourrait rencontrer des difficultés et surtout pas aussitôt dans sa scolarité… L’an passé, il y a eu la maternelle à l’annexe. Globalement tout se passait bien au niveau académique, c’est plus le service de garde et les journées pédagogiques qu’elle n’aimait pas, entraînant du même coup une baisse d’enthousiasme pour l’école.

Mais cette année, elle a intégré l’école de quartier pour sa première année (l’équivalent du CP pour les français). Il a fallu s’adapter à ce nouvel environnement, se refaire des amis, s’habituer à ce nouveau service de garde et à cette nouvelle maîtresse qui a une grosse voix mais qui est très gentille.

Pourtant deux mois plus tard, il nous faut constater que c’est difficile pour notre fille, pas l’adaptation à cette nouvelle école mais bien les apprentissages scolaires. Les devoirs ne prennent pas 10 minutes mais 1h-1h30, les résultats aux contrôles hebdomadaires sont souvent à la limite de la moyenne avec certains exercices totalement faux donc incompris. On essaie de bien l’encadrer pour qu’elle n’accumule pas du retard mais quand il y a 7 mots étiquettes à apprendre par semaine autant de mots pour les dictées et que chacun demande un travail quotidien, la lassitude arrive vite! On est pogné entre la faire apprendre/réviser dès que possible et ne pas la décourager pour ne surtout pas la dégoûter de l’école si tôt dans sa scolarité.

Les devoirs sont une source de stress pour tout le monde et on a beau essayer de les faire par le jeu (Bingo ou Memory pour les mots étiquettes par exemple), ça reste que tout accomplir en 1 semaine quand on n’a pas de facilité est difficile pour un enfant de tout juste 6 ans. Surtout quand d’autres dans sa classe ont déjà 7 ans. Et en tant que parent, on en vient à angoisser en se disant « Je ne lui ai pas fait travailler les mots étiquettes ou presque cette semaine, c’est sûr qu’elle va échouer à son contrôle », histoire de se rajouter une couche de culpabilité!

C’est une situation pas facile mais d’un autre côté, ce n’est que le début de l’année et c’est une des plus jeunes de sa classe. Alors on va continuer à l’épauler et à essayer de lui donner confiance en elle tout en cherchant des méthodes qui lui correspondent mieux pour ces apprentissages.

Quand vient le temps de partir

Après 7 magnifiques années passées dans notre maison, nous avons pris la décision de la vendre. Ce n’était pas une décision facile car on aime tout dans cette maison, sauf une chose : elle est loin de nos jobs! En fait, ce n’est même pas qu’elle est loin puisqu’il y a une vingtaine de kilomètres seulement, c’est que ces 20 km en semaine, à l’heure de pointe, prennent un temps fou!

On ne va jamais en voiture au centre-ville la semaine puisqu’on resterait pogné dans le trafic pendant 1h, dépensant de l’essence, usant la voiture et perdant notre patience alors on a toujours fait le choix du transport en commun… Mais si on a la « chance » d’avoir un bus de ville devant la maison qui va au centre-ville, le mauvais côté c’est qu’il traverse d’abord tout St-Hubert! Et comme on est au terminus, il faut compter un bon 50 minutes à s’arrêter tous les 500 mètres!
L’autre option est de laisser la voiture au stationnement incitatif Chevrier puisque c’est un bus express bien plus rapide (20 minutes) mais il faut y aller, ce qui prend un autre 15 minutes. Et dans tout ça, il faut intégrer les arrêts à l’école/camp de jour ou à la garderie!

Bref, on commençait à être tanné du trajet et surtout de la course que ça impliquait pour ne pas arriver en retard à la garderie (vous ai-je déjà parlé de la règle des 10h de présence maximum?) chaque soir…

Alors voilà, on a décidé de refranchir le pont et de revenir s’installer à Montréal! Mais comme le but est de sauver du temps de trajet, on cible des quartiers précis, à 10 minutes à pied d’un métro maximum et avec encore bien d’autres critères! Faut dire qu’on s’est habitué à avoir beaucoup d’espace et beaucoup de lumière alors revenir sur l’île pour être dans un 4 et demi, ce n’était pas pour nous. On cherche donc un duplex qu’on pourra convertir en cottage, qui ait quand même une cour sympa, une ruelle et si en plus il peut être du bon côté de la rue pour l’ensoleillement, ça sera le jackpot!

Mais pour trouver la perle rare, il faut d’abord que nous vendions la maison. Et bien que la décision soit prise, le passage à l’acte est difficile pour moi. Vendre sans savoir où et quand nous allons trouver me botte moyen. Dans mon idéal, j’aurais déménagé de la maison au duplex sauf que c’est impossible dans les faits. Vous ai-je dit qu’on n’était pas millionnaire?

Mais comme le but c’est aussi d’éviter de changer d’école Zoé en cours d’année, nous allons chercher un appart à louer pas très loin de où on est actuellement pendant qu’on continue de prospecter tranquillement sur l’île et pendant le temps des travaux ensuite… Il faudra donc faire nos bagages plusieurs fois, mettre des affaires en storage et expliquer aux filles que non, on ne peut pas emmener la piscine, que non, on ne peut pas emmener le potager mais qu’un jour, elles auront une nouvelle maison à Montréal…

Alors voilà, dans les prochaines semaines, on passera à l’acte non sans une grosse boule au ventre pour moi!