Catégorie : C’est mieux en le disant

Pourquoi faire testament et mandat d’inaptitude?

Les faits: mon chum et moi sommes conjoints de fait et non mariés. Si un jour, l’un de nous décède, ce n’est donc pas le conjoint qui hérite mais les héritiers légaux. Dans notre cas, ce serait les enfants mais tant qu’ils sont mineurs, la gestion de l’héritage revient au conseil de tutelle soit 3 à 5 membres de la famille qui surveillent tout et ont leur mot à dire sur toutes les décisions, y compris pour racheter les parts de la maison ou la vendre… Imaginez les conflits que cela peut entraîner…

Si nous décédons tous les deux, sans testament, c’est le conseil de tutelle encore qui décide de l’avenir des enfants. Le conseil est nommé parmi les membres des deux familles. Imaginez quand les familles sont en France et que chacun pense savoir ce qui est le mieux pour les enfants.

Le jour où nous sommes devenus parents, il a été rapidement clair que s’il nous arrivait quelque chose à tous les deux, nous souhaitions que les enfants restent au Canada, seul pays qu’ils ont connu et auprès des amis qu’ils voient très souvent. Si nous étions restés en France, nous aurions peut-être choisi de confier la garde à quelqu’un de la famille, et encore, ce n’est pas toujours évident, selon la proximité, les liens… mais en étant loin, la question a été vite résolue. Par contre, choisir les « bonnes » personnes pour affronter cette situation dramatique n’a rien d’évident même si on adore nos amis. On a donc fait le choix qui nous paraît aujourd’hui le meilleur mais il faut savoir qu’on doit nommer un tuteur, pas un couple. Il est par contre recommandé de choisir des « back-ups » au cas où le premier ne puisse pas ou ne souhaite pas assumer cette lourde responsabilité.

Si cela règle la question de la garde des enfants, il y a encore celle de l’héritage. Si nous décédons tous les deux, les enfants hériteront mais il est fortement recommandé de désigner un « liquidateur testamentaire » différent dont l’objectif sera de gérer au mieux l’héritage dans l’intérêt des enfants. Nous avons découvert que ce liquidateur n’avait pas le droit de vendre la maison excepté s’il obtient l’autorisation d’un juge. Il remboursera par contre toutes les dépenses que le tuteur encourra pour nos enfants (ex: frais scolaire, habillement, activités sportives, etc.). Si le tuteur doit se reloger dans plus grand, c’est aussi une dépense admissible. Au poste de liquidateur, nous avons choisi une amie proche, qui ne connaît pas forcément les tuteurs, mais qui veillera aux meilleurs intérêts des enfants.

S’est posée la question de la rémunération de tout ce monde-là… C’est un choix personnel avec 2 écoles de pensée: « les tuteurs/liquidateurs sont des personnes proches qui font ça par pur altruisme donc ils ne devraient pas être rémunérés » versus « c’est un rôle énorme qu’on leur demande, qui peut leur encourir pour très longtemps (en espérant que non, hein) alors ça mérite bien une rémunération »… Si c’est votre choix, il faut encore se mettre d’accord sur la somme et définir les modalités. Personnellement, on n’a pas souhaité qu’il y ait un montant X forfaitaire qui soit donné dès la « prise de fonction » mais plutôt une petite rémunération annuelle car on peut mourir demain comme la veille des 18 ans des enfants…

Les testaments, c’est une chose mais qu’est-ce qui se passe si l’un de nous devient inapte? C’est-à-dire qu’il tombe dans le coma ou dans un état végétatif en gros et donc que sans être décédé, il n’est plus capable de rien, ni de décider quoi que ce soit pour lui-même… C’est là qu’un mandat d’inaptitude ou de protection est important. Comme le testament, il n’est pas obligé d’être fait devant notaire si l’on respecte certaines règles mais dans ce cas, le jour où un événement dramatique se produit, il faut le faire homologuer, ce qui prend du temps et coûte de l’argent. Personnellement, on a mis longtemps à le faire mais on a fait toutes les formalités en même temps chez le notaire.

Ce mandat vous permet d’indiquer des choix médicaux (pas d’acharnement thérapeutique par exemple) mais aussi de confier les rennes de votre « portefeuille » à votre mandataire, histoire de pouvoir continuer à payer les factures courantes par exemple, ou même faire les déclarations d’impôts. Comme nous ne sommes « que » conjoints de fait, ce n’est pas automatiquement l’autre qui aurait ce rôle puisque la décision reviendrait à un tribunal et on entend assez d’horreurs là-dessus pour s’en prémunir. Surtout que dans ce cas, un conseil de tutelle est aussi nommé pour surveiller toutes les décisions que prend la personne. Charmant!

Il y a toujours le risque que nous soyons inaptes en même temps ou que l’autre soit décédé avant, il est donc important de nommer plusieurs mandataires pour différents cas de figure.

Mais une fois les testaments et mandats d’inaptitude dument signés devant notaire et enregistrés ici, que se passe-t-il s’il nous arrive quelque chose en France? Et si nous héritons un jour de biens en France?

J’aurais du préciser que pour tous les aspects précédents, il est très fortement déconseillé de nommer quelqu’un qui réside à l’étranger. Le droit international pourrait venir compliquer vos souhaits notamment.

Mais si vous rendez visite à vos familles en France quand malheureusement vous décédez? Hmm, cela se complique car le droit n’est pas le même et qu’en admettant que vos familles demandent votre testament canadien, des clauses pourraient être invalidées. Exemple: on ne peut pas déshériter ses enfants donc oubliez le conjoint qui hérite de tout, c’est maintenant le conjoint et les héritiers.

Si vous êtes inaptes, est-ce que vous souhaitez attendre que votre mandataire au Canada prenne l’avion pour vous rejoindre et prendre des décisions ou souhaitez-vous que votre famille sur place ait le droit de décider? Je n’ai pas de bonnes réponses à toutes ses questions. Une solution serait de faire un testament en France qui en gros vienne dire que c’est le testament canadien qui prévaut mais c’est un coût additionnel. Par contre, si jamais vous avez des biens en France, il est important de vous pencher sur la question. Si besoin, j’ai le contact d’une notaire française qui est basée à Montréal (mais qui officie vraiment comme notaire en France).

Bonne chance!

Première année, CP, pas toujours facile pour nos enfants

J’ai globalement de bons souvenirs de mes années d’école primaire. Maîtresses sympas, bonne entente parmi les enfants (les mêmes d’une année sur l’autre) et aucune difficulté d’apprentissage. Je vous peindrais un tableau bien différent si on parlait des années collège-lycée par contre!

Alors quand ma fille aînée a commencé l’école, je ne me suis pas dit une seule seconde qu’elle pourrait rencontrer des difficultés et surtout pas aussitôt dans sa scolarité… L’an passé, il y a eu la maternelle à l’annexe. Globalement tout se passait bien au niveau académique, c’est plus le service de garde et les journées pédagogiques qu’elle n’aimait pas, entraînant du même coup une baisse d’enthousiasme pour l’école.

Mais cette année, elle a intégré l’école de quartier pour sa première année (l’équivalent du CP pour les français). Il a fallu s’adapter à ce nouvel environnement, se refaire des amis, s’habituer à ce nouveau service de garde et à cette nouvelle maîtresse qui a une grosse voix mais qui est très gentille.

Pourtant deux mois plus tard, il nous faut constater que c’est difficile pour notre fille, pas l’adaptation à cette nouvelle école mais bien les apprentissages scolaires. Les devoirs ne prennent pas 10 minutes mais 1h-1h30, les résultats aux contrôles hebdomadaires sont souvent à la limite de la moyenne avec certains exercices totalement faux donc incompris. On essaie de bien l’encadrer pour qu’elle n’accumule pas du retard mais quand il y a 7 mots étiquettes à apprendre par semaine autant de mots pour les dictées et que chacun demande un travail quotidien, la lassitude arrive vite! On est pogné entre la faire apprendre/réviser dès que possible et ne pas la décourager pour ne surtout pas la dégoûter de l’école si tôt dans sa scolarité.

Les devoirs sont une source de stress pour tout le monde et on a beau essayer de les faire par le jeu (Bingo ou Memory pour les mots étiquettes par exemple), ça reste que tout accomplir en 1 semaine quand on n’a pas de facilité est difficile pour un enfant de tout juste 6 ans. Surtout quand d’autres dans sa classe ont déjà 7 ans. Et en tant que parent, on en vient à angoisser en se disant « Je ne lui ai pas fait travailler les mots étiquettes ou presque cette semaine, c’est sûr qu’elle va échouer à son contrôle », histoire de se rajouter une couche de culpabilité!

C’est une situation pas facile mais d’un autre côté, ce n’est que le début de l’année et c’est une des plus jeunes de sa classe. Alors on va continuer à l’épauler et à essayer de lui donner confiance en elle tout en cherchant des méthodes qui lui correspondent mieux pour ces apprentissages.

Quand vient le temps de partir

Après 7 magnifiques années passées dans notre maison, nous avons pris la décision de la vendre. Ce n’était pas une décision facile car on aime tout dans cette maison, sauf une chose : elle est loin de nos jobs! En fait, ce n’est même pas qu’elle est loin puisqu’il y a une vingtaine de kilomètres seulement, c’est que ces 20 km en semaine, à l’heure de pointe, prennent un temps fou!

On ne va jamais en voiture au centre-ville la semaine puisqu’on resterait pogné dans le trafic pendant 1h, dépensant de l’essence, usant la voiture et perdant notre patience alors on a toujours fait le choix du transport en commun… Mais si on a la « chance » d’avoir un bus de ville devant la maison qui va au centre-ville, le mauvais côté c’est qu’il traverse d’abord tout St-Hubert! Et comme on est au terminus, il faut compter un bon 50 minutes à s’arrêter tous les 500 mètres!
L’autre option est de laisser la voiture au stationnement incitatif Chevrier puisque c’est un bus express bien plus rapide (20 minutes) mais il faut y aller, ce qui prend un autre 15 minutes. Et dans tout ça, il faut intégrer les arrêts à l’école/camp de jour ou à la garderie!

Bref, on commençait à être tanné du trajet et surtout de la course que ça impliquait pour ne pas arriver en retard à la garderie (vous ai-je déjà parlé de la règle des 10h de présence maximum?) chaque soir…

Alors voilà, on a décidé de refranchir le pont et de revenir s’installer à Montréal! Mais comme le but est de sauver du temps de trajet, on cible des quartiers précis, à 10 minutes à pied d’un métro maximum et avec encore bien d’autres critères! Faut dire qu’on s’est habitué à avoir beaucoup d’espace et beaucoup de lumière alors revenir sur l’île pour être dans un 4 et demi, ce n’était pas pour nous. On cherche donc un duplex qu’on pourra convertir en cottage, qui ait quand même une cour sympa, une ruelle et si en plus il peut être du bon côté de la rue pour l’ensoleillement, ça sera le jackpot!

Mais pour trouver la perle rare, il faut d’abord que nous vendions la maison. Et bien que la décision soit prise, le passage à l’acte est difficile pour moi. Vendre sans savoir où et quand nous allons trouver me botte moyen. Dans mon idéal, j’aurais déménagé de la maison au duplex sauf que c’est impossible dans les faits. Vous ai-je dit qu’on n’était pas millionnaire?

Mais comme le but c’est aussi d’éviter de changer d’école Zoé en cours d’année, nous allons chercher un appart à louer pas très loin de où on est actuellement pendant qu’on continue de prospecter tranquillement sur l’île et pendant le temps des travaux ensuite… Il faudra donc faire nos bagages plusieurs fois, mettre des affaires en storage et expliquer aux filles que non, on ne peut pas emmener la piscine, que non, on ne peut pas emmener le potager mais qu’un jour, elles auront une nouvelle maison à Montréal…

Alors voilà, dans les prochaines semaines, on passera à l’acte non sans une grosse boule au ventre pour moi!

Les vacances en France et son flot de remises en question

Les petites places de Provence… le bonheur!

Alors voilà cette année on a décidé de partir en vacances en Europe, ce qui n’était pas arrivé depuis 4 ans si on omet mon saut en France en solo l’an passé pour les 40 ans de mon frère.

Il avait été décidé que ce serait de vraies vacances donc dans des régions qu’on avait envie de visiter, soit la Provence et l’Espagne, sans course à travers la France pour tenter de voir tout le monde.

Et vous savez quoi? C’était bien, c’était même très bien! J’ai passé la première semaine avec les filles dans le camping de Provence de mon enfance avec mes parents et mon frère et sa famille. On en a profité à fond, les filles ont aimé leur liberté, moi j’ai aimé ce rythme propre aux vacances, qui plus est dans le Sud.
Puis là, pendant que les enfants jouaient ensemble et que les adultes feuilletaient des magazines, je me suis demandais pourquoi on s’infligeait ça. Pas les vacances en famille hein, le reste. Vivre loin de sa famille, vivre dans un pays qui connaît un long hiver… alors qu’on pourrait vivre dans une région qui ne connaît pas la pluie, qui est ensoleillée, où les gens ont un accent chantant et où nos familles ne seraient pas très loin.

En balade, on se prend à calculer le prix des maisons à vendre par rapport à notre maison en dollars canadiens, on se demande si y a du travail dans cette région, si on se (re)ferait au rythme français mais surtout à la mentalité.

Comme les vacances c’est bien différent de la routine boulot-école-métro-dodo, on revient sur terre. On est parti pour une raison et surtout si on n’est pas encore revenu, c’est bien justement parce que la vie à Montréal est douce et agréable. Alors on se raccroche à ça et on continue à passer de super vacances!

À défaut de rentrer pour de bon en France, on se dit qu’on reviendra peut-être plus souvent pendant l’été… Ça c’est faisable facilement! Enfin presque.

Famille proche et expatriation

La plupart des expatriés vous le diront: ce qui manque le plus à notre vie loin de la Mère Patrie, ce sont nos familles. Bien sûr les premières années, le rayon yaourts et le rayon biscuits des supermarchés français nous manquent BEAUCOUP aussi mais au fil des ans, on s’habitue, on trouve des produits de remplacement, on cuisine des équivalents, voire même on finit par trouver LE paquet de gâteaux qu’on adorait parce que l’offre de produits importés ne cesse d’augmenter.

Mais la famille, elle, reste loin. Les amis aussi. Mais les amis, on s’en fait d’autres, alors pas toujours des «locaux» mais au final ce qui compte c’est d’être entouré, que ce soit d’énième français, de libanais ou de québécois, ça n’a aucune importance.

La famille, elle, reste difficile à remplacer. À vrai dire certains amis font office de tatie et tonton mais les grands-parents de substitution, y en a pas trop dans notre entourage. Nos parents essaient de venir en général au moins une fois par année et pour plusieurs semaines, histoire que tout le monde en profite. Les filles sont ravies et comptent les dodos avant la prochaine visite et nous on souffle un peu pendant ce temps. Alors l’inconvénient, c’est qu’il faut cohabiter ensemble pendant tout ce temps et, croyez-moi, rendu à nos âges, ce n’est pas tous les jours faciles de vivre avec ses parents, surtout quand nous on passe la semaine à travailler…

Après près d’une décennie d’expatriation, on se fait à ce rythme et on trouve même de nouveaux arrangements. Ainsi, les enfants grandissant, on peut s’essayer à les envoyer en France chez papy-mamie. Cette année, on fait un mixte de tout ça : mes parents viennent tout le mois de juin, ils repartent avec les enfants et ensuite on se retrouve pour quelques jours de vacances sur place au soleil! C’est le meilleur compromis qu’on ait trouvé, surtout qu’on n’a plus envie de traverser la France pour aller voir tout le monde. Alors c’est sûr que je suis triste de ne pas voir mes oncles et tantes, cousins et cousines cette année mais hey, je vais enfin aller en Espagne!

Nos familles nous demandent parfois de leur envoyer les filles, t’sais comme un colis à la Poste. Je comprends leur envie/besoin de passer du temps avec nos cocottes mais elles ont leur personnalité aussi et tant qu’elles sont petites, on ne les « shippera » pas comme ça et on attendra qu’elles aient un vrai lien avec chacun avant de les envoyer seule en France. On essaie de trouver un équilibre pour qu’elles connaissent leur famille mais ce n’est pas avec les maigres congés qu’on a ici (y compris les enfants qui n’ont qu’une semaine de vacances en février) qu’on peut s’offrir des excursions ou prendre congé quand on a de la visite.

C’est drôle parce qu’avec le temps on voit aussi qui est prêt à venir jusqu’ici nous voir. Bien sûr tout le monde n’a pas le budget pour un billet d’avion mais il y a aussi ceux qui auront toujours un excuse (ce n’est pas le bon moment, il fait trop chaud, il fait trop froid, y a rien à voir, etc.). Honnêtement, je comprends bien qu’on n’ait pas envie de venir à Montréal tous les 4 matins mais je dois dire qu’on n’a pas très envie non plus de payer 4 billets d’avion pour traverser la France et se rendre dans des régions qui ne nous attirent pas ou qu’on connaît par cœur. Bien sûr c’est nous qui avons décidé de vivre de l’autre côté de l’océan et c’est pour ça qu’on en veut à personne de ne pas venir nous voir mais dans l’expatriation on apprend à vivre loin de nos proches et maintenant on n’est plus triste quand vient noël ou un anniversaire parce qu’on est entouré pareil.

Ciao 2016

Alors que beaucoup de gens sont soulagés de voir se terminer 2016, je dois dire que je suis loin de partager cet enthousiasme. Déjà parce que d’un point de vue personnelle 2016 a été une bonne année mais surtout parce que je n’ai jamais eu aussi peur en l’avenir que depuis que Trump a été élu Président des États-Unis.
Chaque nouvelle annonce qui a trait aux membres de son cabinet ou aux prises de positions qu’il défend me laisse un peu plus circonspecte, pour ne pas dire inquiète.

Alors, j’espère de tout cœur que 2017 sera une bonne année sur le plan personnel mais aussi et surtout sur le plan international, parce qu’à l’heure actuelle, je ne trouve pas qu’il y ait de quoi se réjouir et ce n’est pas la France, avec des candidats aux élections présidentielles aux idées rétrogrades comme Fillon qui vont me rendre mon optimiste!

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Elles ont voulu dormir dans le même lit… On les a séparées 1h plus tard!

Mais pour ne pas finir l’année sur une note négative, j’en profite pour faire un petit point sur mes 2 amours parce qu’il y a longtemps que je n’en ai pas fait.
Elles étaient à fond dans les croyances autour du Père Noël ce mois-ci, et notamment le lutin! Elles étaient bien tristes quand il est parti (le 23) mais ça a vite été oublié quand le Père Noël a ramené tout plein de cadeaux!
Elles jouent toujours aussi bien ensemble même si ça se finit souvent par deux petites filles qui courent en hurlant dans la maison à notre grand désespoir!

Zoé a beaucoup progressé depuis le début de l’école pour ce qui est du coloriage ou de l’écriture et elle demande beaucoup à ce qu’on lui dicte des mots! Par contre, on nous l’avait bien dit et c’est vrai, l’école ça fatigue! Surtout quand il n’y a pas beaucoup de vacances comme ici! Par contre, on a de beaux projets pour cet été avec un voyage dans le Sud de la France et en Espagne et Zoé a déjà super hâte!

Mia est une sacrée chipie! Toujours à faire le petit clown pour amuser la galerie mais qui commence à affirmer son caractère! En ce moment, on se bat souvent pour qu’elle vienne manger! Alors autant à 18h, elle est capable de se lamenter pendant qu’on cuisine qu’elle a faim, autant quand c’est l’heure de passer à table peu après, elle est soudainement trop occupée et refuse de venir! Et quand elle finit par venir, c’est généralement pour râler pour tout et rien: la mauvaise assiette, la mauvaise place, trop de légumes, pas assez de ceci, etc.!

À part ça, c’est toujours fascinant de voir comme elle arrive facilement à jouer toute seule ou à s’inventer des jeux alors que Zoé demande toujours à ce qu’on joue avec elle! J’imagine que c’est une question de personnalité… Dans tous les cas, ce sont deux petites filles bien mignonnes, que j’essaie de croquer régulièrement, et qui rendent la maison pleine de vie (et de bordel, ah ah)!

5 ans d’amour, ça se fête

5-ansMa toute belle,

Tu as fêté samedi tes 5 ans avec tous tes amis, même si officiellement ce n’est qu’aujourd’hui que tu franchis ce nouveau cap. 5 ans, c’est l’entrée à l’école au Québec et tu as fait ça comme une championne! Tu étais un peu impressionnée mardi dernier quand tu as découvert ta salle de classe mais tu avais déjà hâte d’y retourner à la fin de cette première période. Tu t’es fait quelques copines, surtout Vanessa et Maïka pour l’instant et tu manges au service de garde comme une grande, ce dont tu es très fière! Comme on ne connaît pas encore trop les ami(e)s de l’école, c’est avec ceux que tu connais depuis tes premiers mois que tu as soufflé tes bougies, samedi. D’ailleurs on devrait faire une photo de groupe de vous tous, chaque année, ça serait un chouette souvenir et une bonne façon de vous voir grandir année après année…

Parfois, tu n’as pas très envie de grandir justement. Tu voudrais suivre ta petite sœur qui a commencé une nouvelle garderie, avec une super belle cour et tout plein de jouets à disposition toute la journée… C’est sûr qu’aller à l’école à la place, c’est moins drôle, quoique ce qui t’embête ce n’est pas l’école mais le service de garde ensuite où tu trouves le temps long en nous attendant. Ça va sûrement se placer au fil des semaines.

À la maison, tu es capable d’être celle qui range les jouets, qui rappelle à l’ordre sa sœur, tout comme tu es celle qui nous rend chèvre, qui n’écoute rien, qui dit non à tout… Ça me rend un peu zinzin, il faut bien le dire. Et puis, il y a ces moments où tu es la plus câline, où tu veux juste être collée serrée, où on se raconte tout plein de trucs… C’est chouette de te voir grandir et j’ai hâte de voir tout ce que cette année de maternelle va t’apporter. En attendant, on se prépare à te souhaiter encore une fois « Bonne Fête » ce soir avec un autre gâteau et d’autres petits cadeaux! Chanceuse! 😉

Demain commence aujourd’hui

demain-le-filmAvez-vous entendu parler du documentaire Demain de Cyril Dion et Mélanie Laurent? Ça faisait plusieurs mois que j’attendais de le voir et maintenant que c’est chose faite, je rêve que le monde entier le voit. C’est un documentaire sur l’écologie qui part du postulat classique du début: notre planète va droit dans le mur si on ne fait rien. Mais on ne s’étend pas sur ce constat, ce qu’on fait à la place, c’est qu’on fait le tour des initiatives qui voient le jour un peu partout dans le monde pour inverser ce pronostic, des initiatives de citoyen lambda, des initiatives de ville, de quartier, parce que oui, toutes sortes de choses existent et qu’on n’en parle pas assez.

Et c’est bien tout le propos du film: mettre en lumière des actions concrètes, donner envie d’en savoir plus, de faire pareil, ressortir avec un peu, beaucoup d’espoir en l’humanité.

De mon côté, plein de choses m’ont fait tiquer, des bonnes et des moins bonnes. En vrac: on installe un million d’écrans publicitaires interactifs dans les métros (Paris dans l’exemple) alors que seulement 1 seul de ces écrans consomment autant d’énergie que DEUX familles pour un an! En résumé, une Ville et une compagnie privée se mettent d’accord pour nous faire avaler encore plus de publicités qu’un banal panneau 3,20×2,40m et au passage ruinent encore un peu plus la planète! Merci à eux!

À l’opposé, on a 2 femmes en Angleterre, à Todmorden, qui ont un jour décider de s’investir pour l’environnement et qui ont elles-mêmes été surprises par l’enthousiasme des gens de leur communauté. C’est ainsi qu’est né Incredible Edible. Ça ressemble à quoi? À une petite ville où les espaces verts et terrains vacants ne servent plus d’ornements mais de potagers! Où chacun peut venir cueillir le fruit ou légume de saison, où l’on échange avec son voisin autour de la culture du moment, où on enseigne aux enfants à cultiver la terre. Tout ça par des bénévoles qui pensent qu’il est de la responsabilité de tous de faire quelque chose.

How many farmers can you destroy before destroying farming itself? » – Vandana Shiva

Pour rester sur le registre de la terre, j’ai été soufflé par ce couple français (elle juriste, lui ex-marin) qui s’est transformé en agriculteurs mais pas de n’importe quel genre. Non seulement ils font de la permaculture mais leur but est de le faire sans aucune émission de CO2. Autrement dit sans avoir recours à aucun tracteur et c’est fascinant! Sur une petite surface, leur gestion intelligente des plantations, la diversité des plants leur permet de cultiver à la main, avec des outils bien pensés (de leur cru parfois) autant que sur une surface 10 fois plus grande! On préserve donc la terre mais aussi la qualité de l’air! Je rêverais de les avoir comme voisin mais pour les voir visitez la ferme du Bec Hellouin en Normandie!

When people are asking us « How can you afford to become carbon neutral, to become green? » I have to say « How can you afford not to? » – Morten Kabell

Beaucoup d’autres initiatives à travers le monde sont fascinantes. Copenhague qui a réduit ses émissions de carbone de 40% par rapport à 1995 et qui voient ses usines de charbon se transformer en biomasse sous la pression des habitants et des politiques! La ville propose aussi à ses habitants d’investir dans les éoliennes qui leur fournit désormais de l’énergie leur permettant ainsi d’avoir un rendement sur leur placement (6-7% tout de même) tout en faisant diminuer leur facture de chauffage! L’île de la Réunion aussi se tourne vers les énergies renouvelables en optant pour l’agri-énergie: mettre des panneaux solaires sur les serres pour protéger les cultures tout en produisant de l’énergie!

Globalement ce qu’on remarque c’est qu’avec de bonne volonté, on peut faire beaucoup mais qui aujourd’hui a cette bonne volonté? Pas nos élus clairement, ni les leaders industriels qui tirent les ficelles en arrière…

On n’a pas besoin d’être toujours plus riche et on n’a pas besoin d’aller toujours plus vite. Toutes ces entreprises qui croient aujourd’hui encore que la mondialisation c’est devenir leader dans son propre pays, puis ensuite sur son continent, gagner un 2e continent…. Y a des limites. » – Emmanuel Druon (PDG de Pocheco)

On garde un peu d’espoir avec cette entreprise française, Pocheco, qui a fait le choix d’arrêter de rémunérer ses actionnaires (la croissance indéfinie est un non-sens) pour réinvestir dans l’entreprise elle-même. Une entreprise où tout est réfléchi, optimisé à la fois pour améliorer la productivité mais aussi pour diminuer la pénibilité et surtout préserver l’environnement. Alors la toiture est végétalisée et a des panneaux solaires, on récupère l’eau de pluie pour les besoins de l’usine, on y trouve des ruches, etc.! Franchement inspirant!

Il y a bien d’autres sujets abordés dans le film, notamment les monnaies locales dont je ne connaissais pas du tout l’existence, ou encore nos démocraties…

Alors voilà, je ne peux que vous encourager de regarder ce documentaire mais surtout d’en parler autour de vous et pourquoi pas de lancer vos propres initiatives ou d’en rejoindre une existante qui vous inspire…

 

Le parent qui ne savait pas ce qu’il voulait

BalancoireJe ne sais pas vous, mais moi mes enfants ont tendance à m’épuiser! C’est simple, ils n’arrêtent jamais! Ni de parler, ni de me solliciter et encore moins de faire des bêtises. Du coup, j’aspire très souvent à une pause. Les mettre en pause, eux, histoire de pouvoir contempler comme ils sont adorables quand ils sont silencieux/stoïques quelques minutes ou me mettre en pause, moi, dans une bulle loin de tout ce chahut.

Alors quand l’occasion se présente sous la forme de grands-parents qui viennent passer quelques semaines à la maison, je n’ai qu’une hâte: leur filer les mômes et m’évader! Dans le passé, on choisissait, Chéri et moi, de partir le temps d’un long week-end se ressourcer quelque part. Cette fois-ci, on a opté pour l’option inverse: envoyer grands-parents + enfants au vert, dans un chalet au bord d’un lac!

Enfin, on a notre pause, notre bouffée d’oxygène puisqu’on rentre dans une maison silencieuse, en ordre, propre et qu’on peut faire ce qu’ON veut sans aucun gnome pour nous interrompre ou nous casser les oreilles! LE PIED!

Enfin presque… parce que dans les faits, les monstres nous manquent, c’est trop calme, trop silencieux, trop vide. On voudrait les avoir quelques minutes près de nous, le temps de faire un câlin, de profiter des moments les plus doux du quotidien pour les renvoyer dans leur chalet quand vient le temps des contraintes, des cris, des « non ».

Comme cette option n’est pas encore possible et que, malgré tout, 5 jours, ça passe vite (surtout quand on travaille), on essaie de ne pas penser aux petites filles adorables qu’elles peuvent être mais se concentrer sur nous, notre couple et redécouvrir une vie de liberté en enchaînant cinéma et restaurants!

Le blues de l’immigrant

On n'a presque pas changé...
On a presque pas changé…

Samedi, mon frère a eu 40 ans. Pour l’occasion, je suis allée seule en France pendant 10 jours afin de lui faire une surprise. J’ai passé du temps avec mes nièces avant d’aller chez mes parents pour un week-end de célébration avec une bonne partie de la famille et des amis. Pour la plupart, je ne les avais pas vus depuis 3 ans, soit mon dernier retour en France, à l’occasion du mariage de mon frère d’ailleurs!

Comme toujours, ces 10 jours n’ont pas eu le goût des vacances. Pas vraiment de dépaysement, encore moins de repos et l’impression de n’avoir pas fait la moitié de ce que j’aurais aimé faire…

Au moins maintenant que mon frère habite le sud de la France, j’ai pu en profiter pour passer une journée à Aix-en-Provence et une autre à Marseille. C’était chouette d’être près de la mer, des Alpilles mais ça m’a renvoyée à des questions oubliées depuis longtemps du genre « Mais pourquoi je vis dans un pays où il fait froid la moitié de l’année? » « Pourquoi je ne vis pas dans ce décor enchanteur? »

Et puis après il y a eu ce week-end avec tous ces êtres que j’aime très fort, avec qui je partage tellement de souvenirs alors même que je rate tous les grands événements de leur vie depuis 10 ans… Et sont revenus les questions « Mais pourquoi je vis loin d’eux? Pourquoi je ne peux pas participer au week-end au gîte? ».

Ça faisait longtemps que je n’avais pas ressenti tout ça puisque ces dernières années, j’étais toujours sûre de mon choix, de la qualité de vie incomparable à Montréal…. Mais parfois, ce n’est plus si évident. Et le dilemme de l’expatrié, de l’immigrant ressurgit. J’arrive d’un côté à ne pas vouloir passer mes vacances en France car ce ne sont PAS des vacances et en même temps souhaiter voir plus mon frère, mes cousins, les amis…

Mais 10 ans plus tard il n’y a toujours pas de solution à ce dilemme. Juste ne pas y penser.