Catégorie : Ô Canada!

J-15

IMG_6647.jpgPurée de chez purée, dans deux semaines je serais entre deux continents, deux pays, deux vies! Pfiou! Même si ce n’est pas la première fois que je pars vivre au Canada, chaque départ amène sa nouvelle dose d’interrogations et d’angoisse mais aussi d’excitation et d’impatience.

Mais un des problèmes dans le fait d’être la personne qui part c’est que plus le départ approche plus votre entourage est triste alors que vous, vous êtes fébrile, voire heureuse… Forcément, vous avez un peu l’air sans cœur, déjà de partir sans « raison apparente » mais en plus de laisser tout le monde malheureux et ça, ce n’est pas tous les jours faciles.

Mais cette fois, c’est la première depuis des années que je vais faire mes bagages sans deadline au bout. Pas de retour dans 9 mois à la fin de ma maîtrise, ni dans 1 an à la fin de mon PVT, pas de départ à Vancouver au bout de 3 mois, ni de retour à Montréal 5 mois plus tard, non un départ, simple et unique sans vraie date de retour et c’est ce qui me fait le plus plaisir…

Je ne compte pas pour autant passer ma vie au Canada, l’idée pour l’instant c’est d’y rester suffisamment longtemps pour obtenir la double nationalité et être ainsi débarrassée définitivement des questions de visas. Mais le fait de ne pas avoir de date de retour me permet pour la première fois depuis longtemps d’envisager de me poser pour une longue durée quelque part. Je compte bien trouver un appart à mon goût et le meubler et le décorer comme il faut, sans me dire à chaque achat « ah oui mais quand je vais repartir… ». Non, là l’idée c’est de s’installer vraiment, de ne rien laisser dans les valises et d’être chez moi pour les prochaines années à Montréal.

Je dis ça maintenant mais quand vont commencer les galères pour trouver un « vrai » travail, je risque de déchanter… Quoiqu’il en soit il ne me reste que 15 jours en France et ça va passer super vite, d’autant que j’ai évidemment des dizaines de choses à faire d’ici là!

Immigrer au Québec, mode d’emploi


Il y a 5 ans et demi je suis allée à Montréal pour une année d’échange entre Lyon 3 et l’Uqam, le temps de ma maîtrise. Dans l’absolu, j’aurais préféré être à New-York mais ma fac ne proposait pas cette ville et de toute façon pour une maîtrise de lettres, il me semblait un peu risqué de suivre tous mes cours en anglais. C’est donc ainsi que j’ai fait la connaissance de Montréal et par la suite je n’ai eu de cesse d’y revenir.

Tout d’abord en PVT (Programme Vacances Travail) pendant un an.
Partie pour m’installer à Montréal et essayer de me faire un réseau dans ma branche, au bout de 3 mois, j’ai décidé de traverser le pays (en bus) pour découvrir Vancouver. C’était bien, c’était beau mais rien ne valait Montréal donc, au bout de 5 mois, demi-tour (en avion cette fois).

Puis un jour je me suis enfin lancée et j’ai décidé d’immigrer vraiment, c’est-à-dire de demander un visa de Résidence Permanente (RP). Sauf que prendre la décision c’est une chose mais obtenir le visa ç’en est une autre!

Le Québec est la seule province canadienne à choisir ses immigrants elle-même, il faut donc d’abord demander un Certificat de Sélection du Québec (CSQ) pour ensuite pouvoir demander au Canada Fédéral de vous accueillir. Autrement dit du temps et de l’argent en plus mais l’avantage c’est qu’en tant que français on marque des points et on a toutes les chances d’être accepté.

J’ai donc lancé ma demande de CSQ en avril 2007 et obtenu cette première étape le 19 juillet suite à quoi j’ai déposé le 24 août ma demande de RP en tant que telle, auprès de l’ambassade du Canada à Paris. Après plus de 3 mois et demi d’attente ils m’ont envoyé un accusé de réception comme quoi mon dossier venait d’être ouvert et 2 mois plus tard, les instructions pour passer la visite médicale.

Examen médical, prise de sang pour dépistages divers et variés, analyse d’urine, radio des poumons, et près de 150 euros en moins plus tard, j’avais franchi la dernière étape dans le parcours du combattant de l’immigrant. Restait plus qu’à attendre des nouvelles de l’ambassade pour savoir si, enfin, j’étais acceptée.

Ayant mis l’adresse de mes parents comme lieu de résidence, je ne pouvais pas aller frénétiquement chaque jour à la boîte aux lettres pour voir si une enveloppe à mon nom m’attendait, ce qui n’est peut-être pas plus mal. Samedi matin, 15 jours après ma visite médicale, mes parents m’appellent pour me dire que j’ai reçu la « Brune » c’est-à-dire la lettre m’informant que mon visa est prêt à être émis!!

Après près de 11 mois d’attente (et 1100 euros de procédure), cette fois c’est la fin, je vais devenir Résidente Permanente du Canada! Il ne me reste plus qu’à aller faire apposer le visa dans mon passeport et ensuite je suis libre de partir quand bon me semble! Et début avril, après mon anniversaire, me paraît une bonne idée…