Catégorie : Sur mes étagères…

Dernière patate

IMG_9601.jpg Marlène est méchante! Marlène est méchante parce qu’elle demande à une littéraire comme moi (maîtrise de Lettres et DESS d’édition je vous le rappelle) de montrer sa pile de livres à lire…
Or, ça m’oblige à dévoiler que je ne lis quasiment plus, honte à moi! J’ai deux pauvres livres en attente et encore ce sont des cadeaux qu’a reçus Chéri à Noël!

Il se passe un phénomène étrange qui consiste à faire accélérer le temps dès que je mets un pied à la maison et ainsi ne pas avoir l’occasion d’ouvrir un livre! Vous me direz, si je passais moins de temps sur internet et moins de temps devant des séries, j’en aurais sûrement plus pour lire! Mais c’est plus fort que moi, je suis toujours plus impatiente de me coller derrière un écran que derrière un livre, du moins en ce moment!

C’est donc ainsi qu’il n’y a que deux livres sur ma pile, Malavita de Tonino Benacquista et La femme du Vent d’Arnaldur Indridasson…

Ah et comme il est d’usage, je refile la patate à Pimousse, Petite Fleur et Little Daewoo si elles ne l’ont pas déjà fait.

Toutes ces choses qu’on ne s’est pas dites

levy.jpg Marc Lévy n’est pas un grand romancier mais enfin il n’est pas pire que toutes les auteurs de chick’litt qui se multiplient. Au moins avec lui, c’est un peu plus originale que la nana qui cherche l’amour qui a un super job ou au contraire qui en a un pourri mais qui à la fin en aura un génial!
Tout ça pour dire que, comme toujours, j’ai lu le dernier Lévy, Toutes ces choses qu’on ne s’est pas dites, même si c’est avec plusieurs mois de retard.

Le début m’a agacé car justement on tombait dans les clichés de la chick’litt et je craignais ne pas aimer le procédé-même du roman. Sans livrer de détail, Julia est sur le point de se marier quand son père à qui elle n’a pas parlé depuis des années décède soudainement. Avec sa mort, elle va avoir l’étrange opportunité de le connaître et de se replonger dans son propre passé. Pas de voyage dans le temps, rassurez-vous, juste quelques souvenirs de la Chute du mur de Berlin et je crois que c’est la première fois que je lis un récit lié à cet événement. C’était peut-être une de mes parties préférées du livre, qui pourtant nous fait beaucoup voyager dont au Québec, et oui! On part de New-York pour aller à Montréal puis à Berlin.

Je ne m’attarderais pas sur les petites incohérences, les dialogues faciles et ne garderais que l’impression d’une histoire sympathique, qui passé les premières pages se lit très vite, avec enthousiasme. Pour autant la toute fin m’a un peu déçue mais il est difficile d’en parler sans révéler de détail…

Lecture

echecs.jpg Véronique (qui est à Vancouver) m’a tagguée sur mes lectures du moment. Un peu de plus je n’aurais rien eu à lire car je suis dans une période où je ne trouve jamais le bon moment pour ouvrir un livre!
Malgré tout, une amie m’a un peu forcé la main en me prêtant Échecs amoureux et autres niaiseries de Matthieu Simard. Elle me l’a tendu un soir, peu de temps après mon emménagement chez Chéri et je me suis demandé si je devais y voir un signe! 😉

Ce petit livre qui pourrait être pris pour un recueil de nouvelles par son format raconte les déboires amoureux de Matthieu avec 2 t. C’est léger, parfois drôle, parfois grinçant, et surtout, ça se dévore très vite, à la manière dont les histoires du héros se multiplient!

Une histoire m’a particulièrement paru familière quand l’auteur se voit reprocher par sa copine de ne pas être aussi romantique que le héros du roman d’Alexandre Jardin qu’elle lit à ce moment-là! C’est tout à fait le genre de remarque que je pourrais faire aussi!

Je ne l’ai pas tout à fait fini mais avec mes 2 soirs de libre par semaine, j’ai bon espoir que ce soit bientôt le cas! 🙂 Ah et je découvre que l’auteur a un site web avec des résumés de ces livres: http://www.matthieusimard.com/

Ah et puisque c’est le principe, je taggue Pivoine, Touwity et Pimousse si elles ne l’ont pas déjà fait et si ça leur tente…

Gatsby le magnifique

gastby.gif Je suis fermement persuadée qu’on ne peut apprécier certains livres qu’en les ayant étudiés, décortiqués. J’ai lu Gatsby le magnifique de Francis Scott Fitzgerald en sachant simplement que c’était un « chef d’œuvre à lire absolument ». En le refermant, je me suis dit qu’il y avait sans doute une raison pour qu’on le qualifie ainsi mais qu’à sa (première) lecture, sans analyse aucune, cela ne me paraissait pas évident.

New-York des années 20, un jeune homme, Nick Carraway, s’installe à West Egg, à côté de la demeure du mystérieux Gastby, l’homme qui organise des soirées fastueuses chaque semaine où se presse le tout New-York. Que cache Gastby? Quel est son but à travers la magnificence de ses soirées? nous ne tarderons pas à le découvrir: reconquérir la seule et unique femme qu’il n’a jamais aimée. Trop pauvre alors pour l’épouser, il revient fortuné et triomphant en espérant pouvoir faire revivre le passé.

C’est toute la question des fortunes, héritées ou acquises plus ou moins légalement, que pose ce roman sous couvert de nous parler d’amour et de brosser le tableau de l’art de vivre des riches de ces années-là.
En quoi ce roman est-il un chef d’œuvre? À vrai dire je n’en sais rien, je l’ai lu, refermé et me suis interrogée longuement sur la question jusqu’à en parvenir à la conclusion citée plus haut: certains livres méritent d’être étudiés pour qu’on en saisisse l’ampleur. Pour moi Gastby le magnifique est un livre intéressant, qui se lit très rapidement mais qui n’a pas forcément quelque chose de plus que les autres…

Cul de sac

cul_de_sac.jpg L’Australie vous fait rêver mais vous n’avez pas les moyens de payer un billet d’avion? Pas de problème, lisez Cul-de-sac de Douglas Kennedy et toutes vos envies de bush australien s’évaporeront aussitôt!!

Dans Cul-de-sac, un américain un peu looser décide de prendre toutes ses économies et de s’offrir un road trip dans le pays de Nicole Kidman (chacun ses références!).
Après avoir acheté un van à un couple de prêcheurs allumés, il se met en route à travers le bush pour rejoindre le Sud du pays. Première nuit, premier problème: il se prend un kangourou! De là, commence sa descente aux enfers qui sera fortement liée à une jeune fille bien roulée mais pas hyper intelligente… « Si tu baises une timbrée, attends-toi à te faire baisée par une timbrée » nous dit-on plus tard et c’est clair qu’il aurait du y réfléchir à deux fois!
Le pauvre homme va se retrouver prisonnier au milieu de nul part, dans une communauté d’allumés (je vous avais dit que ça dégoûtait de l’Australie)…

Je ne vous en dit pas plus mais sachez que le livre se dévore en quelques heures à peine, suspens et appréhension se mêlant pour vous pousser à poursuivre votre lecture, surtout si vous êtes une froussarde comme moi et que vous n’aimez pas les livres qui font peur.
J’avais lu Une relation dangereuse du même auteur mais j’avais été légèrement déçue, l’intrigue ne décollant jamais vraiment. À l’inverse, dans Cul-de-sac, pas de problème, les péripéties s’enchainent, ça avance vite et on ne voit pas le temps passé.

C’est juste dommage que l’Australie me fasse peur maintenant!!

Le choix de Sophie

sophie.jpg Il m’est difficile de parler de ce livre car j’ai encore du mal à savoir si je l’ai aimé ou non. Le choix de Sophie est un roman de William Styron publié en 1979 qui comprend 2 tomes de chacun 4-500 pages environ.

Il est question d’un jeune écrivain, Stingo, qui se rend à New-York, en 1947, et qui va se lier d’amitié avec un couple qui vit dans la même pension que lui. Ce couple complexe qui se déchire aussi violemment qu’il s’aime va exercer une emprise sur lui, à commencer par Sophie dont il tombe instantanément amoureux et qui le prendra comme confident.
Nathan, lui, est un homme douée d’une intelligence remarquable mais aussi d’un tempérament très changeant et jaloux, ce qui ne l’empêchera pas de considérer le narrateur comme son petit frère.

Deux histoires en parallèle se mêlent, celle de cette amitié dans la fin des années 40 et le récit du passé de Sophie, catholique polonaise, détenue du camp de concentration d’Auschwitz pendant un an et demi.

Les deux récits s’entremêlent et à la thématique de l’antisémitisme des nazis se superposent celle du racisme des états du Sud de l’Amérique.
L’histoire de Sophie est bien sûr bouleversante, tout comme celle de Nathan souffle le lecteur. Cependant, le roman s’enlise parfois dans ces histoires et la lecture devient plus laborieuse.
Pour ma part, j’avais plus envie de rester dans le présent que de retourner à l’univers concentrationnaire, bien que Sophie ne soit pas restée dans les baraquements communs mais ait été affectée au commandant du camp. On découvre ainsi la guerre, l’enfermement sous un autre angle.

Ce roman qui a remporté un franc succès à sa sortie malgré la polémique sur le fameux choix que fait Sophie a été adapté au cinéma avec Meryl Streep dans le rôle phare. Elle a d’ailleurs reçu un Oscar pour sa prestation alors que le film remportait 4 autres statuettes (dont meilleur scénario).

Je ne parle pas ici du choix que doit faire Sophie car cela vous gâcherait toute la lecture si vous décidez à ouvrir le livre mais sachez qu’il est cruel, sadique, inhumain…

La petite fille de Monsieur Linh

linh.jpg Une amie m’a offert ce livre avant mon départ au Canada et je l’ai seulement ouvert cette semaine bien qu’il se lise en un clin d’oeil comme dirait un autre ami.

Écrit par Philippe Claudel (qui avait reçu le prix Renaudot en 2003 pour Les âmes grises), ce petit livre est comme une fable que nous raconte un narrateur anonyme, avec une écriture simple. Il est question d’exil, de déracinement, mais aussi d’amitié.
Monsieur Linh débarque d’un bateau dans un nouveau pays car le sien est ravagé par la guerre et tout ce qu’il a pu sauver c’est sa petite fille qui le pousse à survivre et le contenu d’une minuscule valise.

C’est l’histoire d’une rencontre, de gestes, de regards qui font qu’on se comprend sans se parler, de deux hommes malheureux qui ont perdu ce qu’ils avaient de plus cher et qui trouvent dans leur relation une ancre à laquelle se rattacher.

La petite fille de Monsieur Linh se dévore avec impatience, on aimerait pouvoir aider le vieillard, lui expliquer… jusqu’à cette chute finale qui au lieu de nous pousser à fermer le livre pour le remettre sur une étagère nous pousse à le rouvrir et à le relire. Différemment.

Dans la peau d’un noir

griffin.jpg Une amie m’a prêté ce livre de John H. Griffin dans lequel l’auteur raconte comment pendant 6 semaines en 1959 il s’est grimé en noir à coup de médicaments, rayons ultraviolet et maquillage pour étudier la réaction des gens dans les états du Sud des États-Unis où la ségrégation était la plus forte.

Dans ce contexte historique fort, l’auteur texan décide de traverser 5 de ces états dont la Louisiane en conservant son nom, ses vêtements, son parler, son curriculum vitae, tout son être sauf son teint.
Son expérience démontre que sa simple couleur de peau induit un changement radical de comportement de la part des autres. Les blancs le regardent dorénavant avec méfiance, voire mépris alors que les noirs l’accueillent avec gentillesse et lui viennent en aide régulièrement au gré de ses voyages.

Dans la peau d’un noir nous plonge dans une période sombre de l’histoire américaine alors que les noirs ne pouvaient pas rentrer dans les restaurants, utiliser les mêmes toilettes publiques que les blancs, les salles d’attente des gares, etc. On a parfois du mal à imaginer comment de telles pratiques pouvaient être encore en vigueur il y a si peu de temps! Griffin démontre tout au long de son ouvrage qu’il y a la discrimination visible, la ségrégation mais qu’il y a une forme beaucoup plus insidieuse qui consiste à être traité de manière raciste sous couvert de ne pas l’être, ce que la plupart des blancs ne réalisent pas et qui justifie la transformation de l’auteur pour pouvoir en témoigner.

Le pire c’est que lorsque Griffin a fait le compte-rendu de son expérience dans les journaux, sa famille a été menacée de toutes parts, accusée de trahir sa race et certaines de ses anciennes connaissances lui ont tout simplement tourné le dos du jour au lendemain parce qu’il osait défendre les noirs!

Dans la peau d’un noir, qui se lit comme un journal intime, est un ouvrage édifiant qui mériterait d’être lu à l’école pour bien comprendre cette partie de l’histoire contemporaine.

Le voyage d’hector

hector.jpg ou la recherche du bonheur. Écrit par François Lelord, ce petit livre se lit comme un récit initiatique pour comprendre ce qu’est le bonheur, à quoi il tient.

L’écriture très naïve de l’auteur, qui est également psychiatre, nous permet de saisir ces quelques leçons avec une facilité qui parfois nous fait dire « ah mais oui c’est tellement vrai ».
En même temps, ce n’est pas un essai, c’est réellement le voyage d’Hector, à travers différents pays, qui au fil de quelques rencontres va retrouver lui aussi le bonheur, au-delà de sa définition.

Je ne vous livre pas ses leçons mais si vous souhaitez passer un moment à réfléchir sur ces questions sans pour autant vous infliger un mal de crâne mais plutôt ressortir le sourire aux lèvres, n’hésitez pas à lire ce livre.

Et pendant que vous vous cultiverez, je serais sur la route en direction de Québec pour faire du canyoning samedi (priez pour moi, j’ai le vertige) et aller au plus grand parc aquatique du Canada dimanche! Youhou!

La chaussure sur le toit

chaussuretoit.jpg La chaussure sur le toit (Gallimard) se présente comme un recueil de nouvelles écrit par Vincent Delecroix. Je n’aime pas forcément lire des nouvelles car je trouve souvent cela frustrant mais ce recueil a la particularité d’avoir un fil rouge dans chaque histoire qui fait que le lecteur a envie de lire la suivante, on flirte avec le roman à vrai dire.

Vincent Delecroix s’attache à un immeuble, à ses occupants et à une chaussure sur le toit d’en face qui pourrait y être arrivé de bien des manières différentes comme on nous l’explique…
À travers certaines histoires, on ressent un effet « Amélie Poulain » car on retrouve une galerie de personnages aux destins mêlés, tous attachants, parfois pathétiques ou très drôles mais toujours sincères. Il est souvent question de solitude dans ce « roman » et cela s’inscrit dans différents genres: le conte pour enfant, la tragédie grecque et surtout la mise en abyme à travers la réflexion littéraire.

Parmi les personnages, on rencontre un cambrioleur amoureux bafoué, une vieille dame agacée, un chien blessé, une fillette éveillée et encore bien d’autres. On pénètre dans ce livre par l’imaginaire et même si l’on s’approche parfois de la réalité, la chaussure sur le toit reste insaisissable.

Ce livre a fait parti de la sélection du « Choix des libraires » à l’automne 2007 et je me rends compte en lisant les critiques sur internet que pour tout le monde il s’agit d’un roman… Ça me surprend un peu que cela ne prête pas à débat mais bon, on suppose qu’ils connaissent leur sujet alors au temps pour moi.