Pour la première fois depuis que je connais Montréal, je me suis demandée, dans l’avion qui me ramenait mardi, pourquoi je restais là-bas, loin de toute ma famille, loin de tout ceux que j’aime…
Ces quelques jours passés en famille ont été vraiment géniaux et il a été d’autant plus dur de quitter tout le monde en disant « À dans un an ou un an et demi ou deux ans… ».
Chaque année je rate les anniversaires des uns et des autres, les rassemblements qui voient les éclats de rire, les souvenirs se multiplier, alors que moi, seule, je continue mon petit bonhomme de chemin à Montréal. Si la ville et la vie ici me plaise, il y a tout de même des concessions qui sont parfois pesantes à faire.
Aujourd’hui on est deux, on est dans l’ensemble très bien au Québec mais un jour, sûrement, la question de rentrer se posera certainement, notamment le jour où on aura des enfants. Car il doit tout de même être difficile d’élever un enfant loin de ses grands-parents, oncles et tantes, cousins, cousines, surtout lorsque soi-même on a grandi avec tout ça.
Enfin la question ne se pose pas aujourd’hui mais il est étonnant de voir que pour la première fois depuis 7 ans le charme de Montréal me paraissait s’évanouir… au moins quelques jours.
Un jour, sûrement, quelqu’un m’a offert ce drôle de petit chien blanc et bleu. Seulement depuis, personne n’a été capable de se souvenir qui, quand ou à quelle occasion…



Je n’aime pas les insectes qui piquent, les chemins boueux, les trottoirs glissants, les parapluies qui se retournent, les viandes trop cuites, les douleurs, les nuits trop chaudes, le rouge au joue, les salles de cinéma trop climatisées, les horaires imposés, les nuits trop courtes, les gens qui s’énervent facilement, ceux qui ne s’énervent jamais, l’impatience, le bruit, les vêtements trop serrés, avoir le nez qui coule, acheter des chaussures, les critiques, boire de l’eau pas fraîche, me priver, Tartine hargneuse, le décalage horaire, avoir mal à la nuque, m’inquiéter, la vieillesse, les moustiques, l’épilation, Internet en panne, les rayons yaourts québécois, les voitures.
Mon boss, qui est mon boss mais pas le big boss (notez qu’il y a tellement de big boss au-dessus d’autres big boss dans mon entreprise que je serais bien incapable de vous dire qui est – ou à quoi ressemble – le vrai big boss de ma boîte…), bref, je disais que mon « supérieur » est quelqu’un qui me fait un peu peur.
J’aime l’odeur de l’herbe fraîchement coupée, la balançoire au fond du jardin, les saules pleureur, marcher pieds nus dans l’herbe, être seule au bord de la piscine, apercevoir Chipie au hasard d’un regard, manger dehors, manger de vrais pizzas, contempler la pluie par la fenêtre un dimanche d’automne où on a le temps de ne rien faire, faire une bataille de boules de neige, être bronzée sans marque de bronzage, avoir confiance, retrouver de vieilles habitudes, découvrir de nouvelles villes, de nouveaux pays, faire un brunch copieux, manger quelque chose qui allie le chocolat et la banane, que la maison soit propre, que Chéri m’aime, les vrais chocolat chaud, les oranges pressées, les réunions familiales, les paris absurdes, le Nutella, les références communes, les blagues qui ne se partagent pas avec tout le monde, leurs habitudes, dormir tard, rire, les papillons blancs, les jeux d’enfant, la liberté, les dîners élaborés, les massages, les melons, la luminosité, les séries US, les tomates d’un vrai jardin, les cerisiers en fleurs, les livres, prendre un long bain chaud, les guirlandes électriques, Noël, les cookies de Félix & Norton, être bien entourée, mon blog.