Catégorie : Les crevettes

Là où il est question de maternelle, commission scolaire et coup de gueule

Il y a 6 ans, pas un voisin, pas une route en arrière
Il y a 6 ans, pas un voisin, pas une route en arrière
Aujourd'hui, 3 rues de plus en arrière et autant de familles
Aujourd’hui, 3 rues de plus en arrière et autant de familles

Alors voilà, vous prenez une ville qui accorde des permis de construire à tout va pour créer de nouveaux quartiers sortis des champs, le mien notamment, le plus récent 2 rues avant et j’en passe. Vous écrivez en gros partout que c’est pour les familles, vous écrivez même « GARDERIE » sur vos panneaux publicitaires pour attirer le jeune parent crédule. Vous vous gardez de dire quand la garderie sera créée, histoire que tous les mômes soient déjà au secondaire quand elle sera en activité…. Puis vous gardez l’école de quartier telle quelle. Une année, deux années, de nombreuses années.

 Qu’est-ce qui se passe ensuite?

 Et bien le jeune parent qui se fait une joie d’envoyer son enfant à l’école maternelle du quartier, à 3 km de là, se voit annoncer 2 mois après son inscription que non, finalement son bambin va aller à une annexe, dans une autre école, à 11km de là parce qu’il y a TROP D’ENFANTS inscrits en maternelle!

 Hmmm… Ça se pourrait-tu que ça ait un lien avec les maisons qui poussent comme des champignons depuis, au bas mot, 6 ans?? Laissez-moi vous dire qu’il n’est pas question de 2 ou 3 enfants de trop ici mais de 66, SOIXANTE-SIX purée! Comment ça rien n’a été fait avant?? Si vous pensiez emmener votre enfant à vélo les beaux jours, voire même à pieds, oubliez ça! Puis si vous vous réjouissiez parce que la petite sœur va intégrer une garderie qui est juste à côté de l’école, tsé, le côté pratique, « Chouette, on ne sera pas en retard à l’un ou à l’autre », « chouette, en un mini crochet, les enfants seront chacune à leur école/garderie », et bien, vous l’avez là où je pense.

 À la place, on vous propose de mettre votre enfant qui n’aura pas 5 ans le jour de la rentrée dans un bus avec on-ne-sait-trop-combien d’autres enfants, on ne sait pas à quelle heure, ni d’où à où (maison-annexe, école-annexe?), sans accompagnateurs hormis le chauffeur. Vraiment? Parce que moi je ne souhaite pas ça pour mon enfant en maternelle. Google Map annonce 20 minutes de trajet sans arrêt. Donc si vous ajoutez des arrêts pour prendre plusieurs enfants, ma fille va passer quoi 1h? plus d’1h par jour dans un bus parce que quelqu’un n’a pas fait son travail?? En tant que parents placés dans cette situation, on est vraiment en colère. Tout ça arrive parce  quelqu’un a mal fait son travail ou une administration « a dormi sur la switch ». La commission scolaire Marie-Victorin annonce ainsi qu’elle a le budget pour agrandir l’école depuis 2 ou 3 ans mais qu’il manque le « ok » du Ministère de l’Éducation… Well, that’s just perfect! Parce que pendant ce temps là, y a des familles, et on s’entend que si c’est 66 enfants cette année, ça fait un paquet de familles impactées depuis quelques années, qui doivent en subir les conséquences.

Chez nous, c’est un casse-tête organisationnel. Si je calcule le trajet maison-garderie-école-bus, j’arrive à 30 minutes de trajet. Ça c’est sans compter le temps de s’arrêter pour de vrai, descendre les enfants, les déshabiller en hiver, repartir. Et puis bien sûr après, attendre le bus et se rendre à Montréal pour être au travail à 8h30… En temps normal, il faut qu’on parte à 7h30 pour être à l’heure. Avec cette histoire d’annexe, si on ne part pas à 6h45, on sera en retard. Et donc comme on met 1h pour se préparer environ, il va falloir se lever à 5h45! Pu***, 5h45! Comment voulez-vous que des enfants de 3 et 5 ans soient en forme (et de bonne humeur) dans ces conditions? Et on remet le couvert le soir. Dois-je préciser qu’en sortant du travail à 16h30 (si on n’est pas retardé), être à ces deux endroits opposés avant la fermeture à 18h, va relever du numéro d’équilibriste…

Faites des enfants hein…

Le jour tant attentu

Aujourd’hui a été un grand jour! Un jour que nous attendions depuis plusieurs mois, un jour qu’on a cru proche plusieurs fois mais qui ne s’est pas réalisé, si bien qu’on avait plutôt lâché l’affaire! De quoi je parle? Du jour où on a dit adieu aux couches! Et oui, Mia est parti ce matin en culotte à la garderie et est revenu en culotte aussi, sans accident, avec même un passage par la bibliothèque ce soir!

culottes de princesseAvec notre petite dernière, on ne savait plus trop sur quel pied danser dans ce domaine, rappelez-vous de mon article le bien nommé « La propreté? Non, le caca partout« ! Au moment des vacances de Noël, son éducatrice nous avait dit que Mia était sur la bonne voie, que sans doute avec les Fêtes, elle reviendrait sans couche en janvier! En fait, c’est plutôt l’inverse qui s’est produit puisque pas un pipi aux toilettes pendant les 15 jours de vacances et plus aucun signe d’intérêt. Rebelote avant nos vacances de février mais là non plus, zéro intérêt pour les toilettes à l’hôtel! Rendu là, je ne voulais pas me prendre la tête donc je m’étais dit qu’on verrait cet été. En fait j’avais même un plan!

Tout était prévu: en juin, quand mes parents viendraient pour un mois, ils auraient pour mission de rendre Mia propre! Comme c’était un peu ce qui s’était passé avec Zoé, un mois de mars 2 ans plus tôt, je trouvais mon idée très bonne! Mais comme on n’est jamais au bout de nos surprises avec les enfants, ma Cocotte est repartie vers les toilettes mi-mars! Et ça tombait bien car Pâques approchait…

Que faire quand on a une enfant de 2 ans et demi qui aime beaucoup le chocolat et qui a besoin d’un peu de motivation pour être propre? Du chantage bien sûr! Bon évidemment, toutes les mères parfaites vont me jeter la pierre mais sérieux, ça a super bien marché! Je lui disais qu’elle aurait le droit à un petit chocolat si elle faisait pipi aux toilettes et hop, elle y allait et faisait pour de vrai! En échange, je lui donnais 2 smarties, parce qu’au rythme d’un lapin en chocolat par pipi, elle aurait pris 3 kilo en une semaine si je donnais plus. Au bout d’un jour ou deux, elle allait très régulièrement aux toilettes, et plus besoin d’incitatif. La semaine dernière, ses couches étaient propres toute la journée et depuis samedi elle ne porte que des culottes sauf pour dormir!

Autant vous dire qu’on n’est pas peu fiers! Alors on avait encore un peu d’appréhension pour le trajet un peu long du matin et soir mais aujourd’hui on a sauté le pas et aucun accident! Mia est grande, c’est officiel! Et comme elle ne perd pas le Nord, il n’est pas rare de la voir escalader le comptoir de la cuisine à la recherche d’un reste de chocolat de Pâques et si on lui demande ce qu’elle est en train de faire, elle s’exclame « Mais j’ai fait pipi, je prends un chocolat! » Bah voyons!

Reste à voir si la propreté de nuit va être acquise aussi vite mais quelque part, on n’est moins pressé. Maintenant à moi le fun de trier le double de petites culottes de princesse!

Dois-je dire à ma fille qu’elle est belle?

sexismeDans un monde où pour vendre une voiture aussi bien qu’un DVD, il semble incontournable d’afficher une femme fortement déshabillée, où pour vendre toujours plus de vêtements, de médicaments, de lessives, on nous affiche des femmes belles, très belles, trop belles, quel message ai-je envie de transmettre à mes filles?

J’aimerais qu’elles aient confiance en elle. En elle toute entière, pas juste en leur physique. Et pourtant, à l’adolescence, le mal-être de nos filles est très souvent lié à leur apparence. Elles se sentent trop grosses, trop maigres, trop boutonneuses, trop plate, trop grandes, trop petites, rien ne va et ce physique déborde sur le psychologique. Je n’ai pas envie que cela arrive à mes filles. Alors je leur dis souvent qu’elles sont belles. Je précise que ce n’est pas lié à la robe qu’elles portent, juste qu’ELLES sont belles. Mais le message reste le même. Je mets l’accent sur leur physique alors qu’au fond je voudrais qu’elles ne se préoccupent pas de cet élément mais qu’elles comprennent que ce qui compte, ce sont les gestes qu’elles posent, les décisions qu’elles prennent, les interactions qu’elles ont avec les autres. J’aimerais qu’elles n’aient jamais peur d’entreprendre quelque chose, qu’elles se sentent suffisamment fortes pour oser, qu’elles ne se jugent pas à travers le regard des autres.

Mais le message est tellement moins facile à passer que juste dire le matin « tu es belle ». Suis-je en train d’entretenir cette culture sexiste? Est-ce que mes filles auront plus envie d’aller à un camp de jour qui propose d’apprendre à coordonner ses vêtements ou à bien se maquiller, la puberté à peine commencée? Préféreront-elles ça plutôt qu’un camp de jour qui serait accès sur la science, sur l’ingénierie ou même sur un sport?

Suis-je l’artisan de cette culture du paraître qui pourtant me révolte? J’aimerais que mes filles puissent s’habiller comme elles en aient envie. En robe courte si ça leur tente sans qu’un chromose X se sente aguiché et en droit de commenter/s’approcher. Ou en « habit mou », comme on dit ici, parce que c’est de ça qu’elles auront envie et que dans tous les cas, elles marchent la tête droite, bien dans leurs baskets. Parce que ce n’est pas leur beauté qui m’importe mais leur bien-être. Mais f*ck que c’est dur de bien faire!

2 ans, 4 ans et des poussières

P1120558Depuis ses 2 ans, Mia a (logiquement) fait d’énormes progrès de langage. Elle fait des phrases, pose des questions, s’exprime à tout va et appelle beaucoup sa sœur, notamment quand elle a besoin d’aide « Zoé, tu peux m’aider à mettre/faire… » C’est très mignon à entendre, je dois dire, et d’ailleurs en quelques semaines on est passé de « Oé » à « Zoé ».

Elle demande quelques « pourquoi » mais elle n’est globalement pas très curieuse. Par contre, dès que sa sœur fait quelque chose elle l’imite, et souvent ce sont pour des bêtises! On doit rappeler plusieurs fois par semaine que le canapé n’est pas un trampoline par exemple!

Dans le registre imitation, on a les couchers! Alors que Mia (surtout au temps de sa suce) s’endormait super facilement et dormait beaucoup, depuis la fin de l’année c’est plus compliqué. Elle veut lire une histoire comme sa sœur et a compris le principe du « dernier bisous à un tel, un tel », ce qui fait qu’après l’histoire, elle veut un bisous à papa et à Zoé et une fois fait et de retour dans sa chambre, hop pleurs pour ravoir un autre bisous! Faut dire que quand on leur dit qu’on va se coucher, elles se mettent à courir partout, crier, tout le contraire du temps calme qu’on essaie d’instaurer! Alors maintenant Mia veut qu’on laisse un peu sa porte ouverte une fois couchée et après plusieurs semaines compliquées pour la sieste, ça va mieux au moins!

Au fil des mois, on remarque aussi que les goûts de notre mini changent. Elle a commencé à manger de moins en moins de fromage et maintenant n’en veut plus du tout! Sauf du gruyère et du comté quand même! Pour les yaourts, elle préfère largement jouer avec, tartiner la table que les manger! Pour autant elle ne veut jamais d’autres desserts! Zoé est plus conciliante avec les nourritures, acceptent de tout goûter mais attention il faut qu’elle sente d’abord! Oui, oui, elle renifle tout et après seulement, elle goûte. C’est drôle parce que j’ai tendance à faire ça aussi mais plus discrètement peut-être!

La semaine dernière, je suis allée à la future école de Zoé pour l’inscrire. Je suis partagée entre la hâte de cette nouvelle étape, de la voir apprendre plein de nouvelles choses et les angoisses quant à son adaptation, les lunchs à préparer chaque jour, les contraintes horaire, etc. Mais l’excitation l’emporte sur le reste et je suis impatiente de l’emmener à la journée portes ouvertes en juin!

Dans les « progrès » de Zoé, elle a presque regarder en entier un film pour la première fois! Finalement, elle ne reste pas devant un dessin animé mais « Maman j’ai raté l’avion » a réussi à la tenir assise pour un bon moment! D’ailleurs Mia suivait bien l’histoire aussi et demandait où était « Kevin » à chaque fois qu’on ne le voyait plus à l’écran! Ça n’a pas l’air comme ça mais l’idée qu’elle puisse enfin suivre une histoire du début à la fin, ça nous emballe!

Et maintenant du côté « on n’est pas sorti de l’auberge », je demande la propreté! On était sur une bonne lancée avant Noël (enfin surtout à la garderie) mais alors depuis, plus les semaines passent, moins elle va aux toilettes! C’est bien simple, je crois qu’elle n’y est pas allée une seule fois depuis 2 semaines! On ne la pousse pas trop non plus faut dire mais vu son peu d’intérêt, on se penchera sur la question plus assidument quand les beaux jours reviendront!

Pour finir sur une note sportive (c’est pas trop le style de la maison!), Zoé a essayé le patin avant nos vacances! Ce n’était pas facile pour elle (la patinoire de notre parc est loin d’être lisse) mais elle a quand même bien aimé. C’est juste dommage que depuis notre retour la météo n’ait pas été de notre côté (alors que les microbes, eux, oui, par exemple!) puisqu’on n’a pas pas pu en refaire alors qu’elle nous a demandé plusieurs fois! Et c’est pas avec les 9° annoncés demain que ça va s’arranger!

Punta Cana avec 2 marmots

P1120622Alors nos vacances avec les enfants, ça a donné quelque chose comme ça:

  • À 2 ans, l’enfant peut tenir tête au douanier pour ne pas laisser son doudou le temps de passer le portique de sécurité
  • Le système informatique d’Air Transat ne verra pas de problème à assoir des enfants en bas âge tout seul, en bout de rangée, sans parents à côté. Et si l’avion est plein et que beaucoup de passagers ont payé pour réserver un siège bien précis, vous pourriez vous retrouver avec un enfant de 4 ans, assis à côté d’un couple d’étrangers, et vous une rangée devant. Pas très pratique quand elle se plaint d’avoir mal aux oreilles à l’arrivée.
  • Si en vous échappant au soleil, vous pensez que l’habillage des enfants sera plus rapide puisque vous n’aurez pas d’habit de neige à leur faire enfiler, vous pourriez avoir tord! Parce que tout à coup, elles veulent mettre des leggings, des chaussettes (par 30°), ou une robe par-dessus un tee-shirt et un short, rester en pyjama ou les sandales de maman ou… Bref, elles ne manquent jamais d’idées pour que vous continuiez à dire « allez, habille-toi, on t’attend! »
  • À la pataugeoire, votre enfant la plus jeune pourrait bien décider de faire caca dans la piscine TOUS LES JOURS! Mais à des heures différentes pour être sûr de vous garder en alerte dès qu’elle se tient debout sans bouger plus de 20 secondes!
  • Vos filles pourraient bien réclamer d’aller au bar de la piscine encore plus souvent que votre chum! Et vous aurez bien du mal à savoir si c’est à cause du jus qui laisse les lèvres bleues ou à cause de la cascade qu’il faut franchir qui chatouille les cheveux!
  • La douche, proche de la piscine pourrait bien devenir le terrain de jeu favori des petites parce qu’après tout si à la maison, ça engendre des cris, ça a l’air qu’en vacances, c’est fun! Du coup, vas-y que je me rince les pieds, et les fesses tiens, et mon maillot (team cul nu même en vacances) et que je ressors, et que j’y retourne, etc. Franchement la plage, c’est tellement surfait!
  • Y a pas plus adorables avec les enfants que les dominicains! En tout cas, à notre hôtel, ils avaient tous l’air VRAIMENT contents quand ils voyaient les filles, ils n’hésitaient pas à porter Mia pour la mettre dans un réhausseur, à leur faire des blagues, on a même vu un serveur d’un des restaurants porter une petite fille de 18 mois environ qui pleurait beaucoup pendant que ses parents et sa grande sœur essayaient de manger! Il l’a prise dans ses bras pendant son service, s’est baladé avec elle à travers les tables pour lui changer les idées, à continuer comme ça un bon 15 minutes puis est reparti à sa tâche! Franchement c’était très mignon!
  • Si vous pensiez pouvoir fureter au buffet tranquillement, c’était sans compter les enfants qui décideraient de sauter de leur chaise pour vous accompagner au moins « refill », les 3/4 du temps sans chaussure puisque les gougounes seront tombées en mangeant. Et donc au lieu de prendre 2 minutes, votre escapade en prendra 10!
  • Cette semaine vous fera réaliser que les lits double sont minuscules et que pas un couple ne peut bien dormir là-dedans! C’est ainsi que vous ferez le bonheur de vos filles en dormant chacun avec une! Par contre, chaque soir sera une négociation pour savoir qui dort avec… maman (évidemment!).
  • Vos 2 marmots seront de très bon bagagistes et n’hésiteront pas à traîner la valise cabine par eux-mêmes, s’attirant ainsi tous les « ohhh elle est tellement cute » des voyageurs passant à côté quand c’est l’enfant de 2 ans qui s’y est collée (volontairement, je précise!).

Bon, on repart quand?

Les montagnes qui rapetissent

citationIl y a des moments dans la vie où, selon l’expression consacrée, « on se fait toute une montagne de quelque chose ». Je me souviens qu’avant de commencer à ma job, là où je suis encore 7 ans plus tard, j’angoissais beaucoup « oh la la, c’est dans une division anglophone, il va falloir que comprenne tous les termes techniques, tous les systèmes, dans un domaine que je ne connais pas du tout en plus, bla bla bla ». Et puis le premier jour est arrivé et j’avais un collègue anglophone quand tous les autres étaient francophones! Puis les systèmes étaient relativement simples et pour les plus complexes, j’avais zéro pression pour les maîtriser du jour au lendemain! Toute cette inquiétude pour rien!

Plus tard, en devenant maman, il y a eu d’autres montagnes bien trop grosses à franchir à première vue! Par exemple, quand j’ai décidé d’arrêter d’allaiter ma première fille après environ 10 mois de cette complicité, je me demandais vraiment comment j’allais pouvoir la consoler autrement, comment j’allais pouvoir la rendormir la nuit, comment elle allait se nourrir presque… Et bien vous savez quoi, je me souviens encore de ces questionnements mais je me souviens à peine comme tout a été facile une fois la décision prise. Elle a bu du lait dans un biberon (qu’elle a eu bien du mal à lâcher 3 ans plus tard même), elle a calmé ses pleurs avec un simple câlin et il n’y a pas eu de réveils nocturnes qui demandaient plus que « un bisous et au lit ». La montagne avait rapetissé du jour au lendemain.

Ma fille cadette était accro à sa suce pour dormir. Ça nous allait bien puisqu’on la couchait en 30 secondes et qu’on ne l’entendait plus jusqu’au matin, parfois 12h plus tard… Mais bon, un jour à la garderie, on lui a coupé la suce pour la sieste, nous faisant un appel du pied pour faire de même à la maison… « Ça va pas, non? Vous voulez pourrir nos nuits? » Je l’ai pensé mais je ne l’ai pas dit (enfin pas aux supers éducatrices en tout cas). On a repoussé ce moment parce que « vous ne vous rendez pas compte, j’ai zéro énergie pour me battre avec elle la nuit, rester debout une éternité pour qu’elle daigne se rendormir sans sa suce! Non, non, on est bien assez fatigués sans ça ». Puis un jour, il n’y avait plus d’excuse, il fallait franchir notre montagne. On a commencé par la sieste un dimanche après-midi. Ça a été compliqué! Endormissement difficile, réveil au bout d’1h à peine alors qu’habituellement il faut la réveiller après 3h30 de dodo parce qu’il se fait tard et notre angoisse pour la nuit à venir était à son comble! Cette nuit-là j’ai effectivement mal dormi. Mais pas ma fille. Je l’ai couchée comme d’habitude sauf que je ne lui ai pas donné sa suce, elle ne l’a pas réclamé, elle s’est tournée comme elle fait toujours à peine je l’ai posé et on ne l’a plus entendue jusqu’au matin! Et depuis il en est ainsi tous les jours! Moi qui pensais que lui faire arrêter la suce allait être une épreuve de force, allait engendrer des frustrations, des pleurs, des carences en sommeil… Il n’en a rien été. On a failli lui laisser sa suce pour encore très longtemps simplement parce qu’on avait peur de ce qui pourrait se passer, parce qu’on ne voulait pas prendre de chance. « Le sommeil, c’est la vie ». Et ce qui était une montagne est devenue une toute petite colline à peine. Et on l’a franchi ensemble sans aucune embûche!

Elle grandit

La voiture à l'heure de la sieste par contre, ça marche encore!
La voiture à l’heure de la sieste par contre, ça marche encore!

En général, on voit que les enfants grandissent à l’allégement des affaires à trimballer quand on quitte la maison. Du sac à langer plein de couches, lingettes, biberons, bavoirs, petits pots accompagné du lit parapluie au sac avec de moins en moins de couches, plus de biberon ou de bavoir, au sac qui ne comprend presque plus rien pour les enfants, il n’y a qu’un pas ou plutôt que quelques mois… Ne rêvons pas, notre sac ne sera jamais totalement à nous jusqu’à ce qu’ils quittent la maison, mais quand même, trimballer un gilet ou une gourde d’eau pour les « au cas où », ce n’est rien quand on a eu des mois de « stock de bébé » à porter sur nos épaules.

Donc voilà, les enfants grandissent et ça se voit à travers de petites ou grandes étapes… Bien sûr il y a la propreté (un jour je vous parlerais (encore) de Mia et les toilettes, ça vaut son pesant d’or), grande étape qu’on voudrait déjà avoir franchie mais il y a aussi des étapes plus discrète. Pour Zoé, ça a commencé un peu avant ses 2 ans quand nous lui avons acheté un lit de grande pour donner sa bassinette à sa petite sœur qui s’en venait. Ce jour-là, un grand saut a été fait puisque plus de barreaux pour mon bébé, ma grande fille pouvait maintenant se lever quand elle voulait (je dirais bien se coucher quand elle voulait aussi mais ça bizarrement, ils ne veulent jamais)… Et puis il y a cette étape qu’on est en train de franchir en s’en rendant à peine compte : quitter la petite enfance et ses siestes pour intégrer le monde des adultes qui ne dorment que la nuit. Depuis quelques semaines, Zoé n’a pas envie de faire la sieste à la maison, elle râle, on négocie et elle finit parfois par dormir, parfois même un bon 2h mais le soir, il faut remettre ça, elle ne veut pas aller se coucher, elle se relève plusieurs fois et le matin, c’est souvent elle la première debout, même en semaine où nous nous levons à 6h30! Alors on baisse les bras, on ne lui impose plus de siestes et bizarrement ça n’a pas l’air de lui manquer puisqu’elle n’est pas plus difficile en fin de journée et qu’elle arrive à rester calme pendant que sa sœur dort.

À nous parents, soyons clairs, ça nous manque! Plus de temps à deux dans la journée, plus de sieste crapuleuse mais notre bébé grandit… Il faut s’y faire!

On a raté quelque chose

livre
Je ne connais pas ce livre mais il me paraît fort à propos!

Si vous êtes parents, vous êtes-vous déjà demandé si vous aviez raté quelque chose dans l’éducation de vos enfants? Si j’en crois mon entourage, je dirais que oui. Parce que des amis parents m’ont déjà dit ça, parce que je l’ai déjà pensé moi-même, parce qu’on en a déjà discuté entre parents…

Qu’est-ce qui fait qu’on se sent toujours si « insécure », qu’on a toujours l’impression qu’il y a quelque chose qui ne fonctionne pas comme ça devrait chez nos petits? Pour certains, ce sera des problèmes de tempérament: trop agressif, trop insolent, trop introverti pour d’autres ce sera des questions d’éducation: on est trop sévère, on ne l’est pas assez. On compare nos enfants avec « la norme » même si on sait très bien que c’est la pire chose à faire. Mais hé! qui ne se pose pas de questions quand son enfant de 2 ans baragouine quelques mots à peine alors que certains de ses petits camarades font déjà de belles phrases? « On a du rater quelque chose, on ne l’a pas stimulé assez, il faut qu’on lui parle plus »… Ou alors votre enfant de 5 ans est insolent, vous regarde de haut, fait systématiquement le contraire de ce que vous lui demandez et vous voyez autour de vous d’autres enfants du même âge qui ont l’air si sage, si « obéissant »… Ah quelle belle vie de famille ils doivent avoir! « On a du rater quelque chose, on aurait du être plus ferme. Tu vois, quand il avait 3/4 ans, on aurait du commencer/faire/ne pas faire »… Ou vous avez un enfant extrêmement timide, qui n’ose rien, que vous voudriez voir expérimenter mais qui reste dans vos jupes, « on a du rater quelque chose, on aurait du lui faire faire des activités tout bébé, on aurait du le/la forcer à… ».

Une éternelle remise en question des choix qu’on a fait. Parce qu’on se fera toujours dire par quelqu’un qui ne nous connaît pas assez « c’est de votre faute si il/elle est comme ça ». Parce que vous avez forcément raté quelque chose.

Mais si on se l’est tous dit un jour, ça doit vouloir dire qu’on a tous raté quelque chose alors? Est-ce que cet échec ne fait pas partie de leur éducation, de notre éducation dans ce cas? Parce qu’à leur naissance, nous devenons parent du jour au lendemain mais notre rôle « d’éducateur », lui, n’apparaît pas comme par miracle. Au fil des mois, des années, on va apprendre nous aussi, on va faire des erreurs, on a va raté quelque chose, comme tout le monde, mais ça doit bien être le processus normal du job de parents si on passe tous par là? Puis ce qui ne fonctionne pas un jour chez nos enfants ou pendant plusieurs mois, va sûrement se mettre en place plus tard, parce que justement on se remet en question, et c’est bon dans un sens, on pivote un peu sur notre axe/orbite de parent pour voir le bon et le moins bon mais est-ce que ça devrait nous « diminuer », nous atteindre autant, est-ce qu’on devrait le croire pour de vrai? Non. Parce qu’on ne rate pas quelque chose un jour, on fait juste ce qui est le mieux au moment présent et on se rend compte après coup que peut-être autre chose aurait mieux marché. Mais vous savez quoi? Ce n’est même pas sûr.

 

Inverser les rôles

IMG_2836En ce moment, si on fait abstraction des cris et disputes, c’est parfois très drôle d’entendre mes filles jouer ensemble puisque ce qui fait fureur à la maison, c’est la maman et le bébé. Ça fait un bail qu’elles aiment jouer avec les poupons et les poussettes mais là ça a pris un autre tournant puisque c’est Mia qui joue le bébé!

Alors maintenant j’entends des « mamaaaans » auxquels je ne suis pas tenue de répondre, des pleurs qui ne sont que simulés et ça me fait des vacances! Sauf que même quand c’est pour de faux, entendre répéter tout près de moi « maman, maman, maman », ce n’est pas super agréable. Mais Zoé prend au sérieux son rôle et intervient à sa façon « Mia, j’ai dit arrête! » En général, c’est le moment où nous, adultes, on se marre puisque comme tout bon enfant, le « bébé » n’arrête pas sur les ordres du parent et s’ensuit des cris ou menaces plus ou moins loufoques! « Mia tu fais la sieste sur ton matelas ou je te change de matelas » « Je m’en vais, hein »! Oui, on a une maman de 4 ans un peu tyrannique!

Ce qui est drôle aussi, c’est que ma cadette prend une voix différente quand elle joue au bébé ce qui m’a surpris au début! Et comme elle est à fond dans ce jeu en ce moment, dès qu’on rentre à la maison, elle se met dans un grand carton récupéré qui sert de poussette/berceau/voiture et elle entame ses suppliques! Mais parfois il me faut quelques minutes pour réaliser qu’elle ne m’appelle pas moi et Zoé ne manque pas de me rappeler à l’ordre « c’est à moi qu’elle s’adresse!  »

Puisque c’est comme ça, je vais aller me reposer! Et si vous pouviez jouer à au ménage pour de vrai ensuite, ça serait bien apprécié aussi!

La théorie versus la pratique

IMG_2567Quand on devient parent, on s’inquiète surtout de comment s’occuper d’un nouveau-né, si fragile, si loin de ce qu’on connaît. Et pourtant c’est pas mal l’étape la plus facile de l’aventure « être parent ». Tout d’abord parce que cette période est courte et que même si, sur le coup ça paraît interminable, 6 mois, 9 mois, c’est très rapide! Alors non je n’ai pas envie de revivre les nuits courtes et hachées des premiers mois de bébé mais à côté de ça, la vie était quand même simple : les nourrir, les distraire avec des hochets qui font pouet-pouet et leur donner un bain une fois de temps en temps…

Non les choses sérieuses commencent vers 18 mois je dirais, tranquillement. À coup de « je tourne la tête catégoriquement pour dire non » tout d’abord ou de cris trop aigus devant un interdit. Mais ils sont petits, ce besoin d’indépendance nous amuse et on peut encore les gérer sans trop de mal. Puis ils ont 2 ans, 2 ans et demi et le « non » et le « tout seul » deviennent des refrains égrenés plusieurs fois par jour, parfois entre deux crises de bacon parterre.

Alors on commence à chercher des solutions, on suit des conseils trouvés sur internet, dans les magazines ou auprès d’amis. On essaie de s’en tenir à de la « psychologie positive » parce qu’on ne veut pas être ce parent qui va dire « non » à tout, qui va punir, élever la voix à chaque accrochage.

Alors on apprend qu’une des bases est de proposer des alternatives aux enfants : plutôt que habille-toi (suivi de zéro action) ou qu’est-ce que tu veux mettre (suivi de 30 minutes de négociation), on propose « tu veux la robe grise ou la bleue? » Et ça marche, votre enfant choisit sa robe et l’enfile presque sans broncher!

Ou pas. En fait, chez nous ça se poursuit plutôt comme ça « non, je ne veux pas mettre de robe! » (alors que ça fait 1 ans qu’elle ne veut plus mettre de pantalon). « Ok, tu veux une jupe ou un pantalon alors? » « Non je veux pas de jupe »… « ni de pantalon »! Hmmm… « Est-ce que tu veux mettre un legging alors? » Plus de réponse, l’asticot est parti faire autre chose pendant qu’on fouillait sa penderie!

Toujours fort des conseils lus à droite à gauche, vous vous dites qu’à cela ne tienne, dorénavant elle va choisir ses habits la veille au soir quand on est moins pressé et en plus ça l’incitera à s’habiller seule le lendemain. Hop, voilà le soir venu et vous poser votre question « Tu veux mettre quoi demain? » Avec un peu de chance, vous allez obtenir une réponse sans trop de débat et vous allez pouvoir mettre de côté les habits pour le lendemain.

Mais le matin venu, voilà que votre enfant ne veut pas plus s’habiller! Ni avec les habits choisis, ni avec rien d’autre! Alors comme vous êtes adeptes de la douceur, vous en revenez à vos alternatives : « tu t’habilles sinon… tu vas à la garderie en pyjama! » Alors celle-là je vous conseille vraiment de l’éviter parce que vous avez de bonnes chances que votre enfant soit tout emballé à l’idée d’aller à la garderie habillé en pilou et vous l’aurez dans l’os! Non, vous essayez plutôt « maintenant soit tu t’habilles, soit tu te laves les dents » (on gage que 5 minutes après aucun des deux n’est fait?) ou « si tu ne veux pas t’habiller, je vais habiller ta sœur » (la petite sœur sera effectivement habillée mais vous avez de bonnes chances que la grande en ait profité pour retourner jouer!). Bref… comme tous les matins vous serez en retard et un de vos enfants sera habillé en sac à patate.

Mais à ce petit jeu des choix, vous devenez très bon. « Tu veux l’assiette abeille ou l’assiette canard? », « on met un élastique rose ou violet dans les cheveux? »… Puis c’est l’heure d’aller se coucher, devant l’enfant récalcitrant qui a une énième demande, vous dites « je te porte pour monter te coucher ou tu grimpes toute seule? ». Ça marche parfois… Jusqu’au jour où votre enfant adopte la même stratégie « Maman, soit je regarde un autre Peppa Pig, soit je ne vais pas me coucher ». « Maman, soit je regarde une photo sur la tablette, soit je ne viens pas manger »!

L’enfant, ce petit être intelligent qui parvient toujours à déjouer vos stratégies!